Comment configurer un dual-boot Windows 10 / Ubuntu Linux ?

Le Dual Boot pour faire coexister Ubuntu Linux Windows 10

Dans une démarche visant à utiliser le plus souvent possible des logiciels libres, fonctionnant avec des protocoles et des formats ouverts et standardisés, la question du système d’exploitation, de son noyau et des outils qui le composent finit toujours par arriver. Car c’est le cœur du système, qui fait fonctionner tous les logiciels que l’on utilise et qui stocke nos données. Après avoir réalisé une transition en douceur en restant sous Microsoft Windows mais en remplaçant un certain nombres de logiciels privateurs par leurs équivalents libres, souvent bien meilleurs, on se dit qu’il est peut-être temps de priver Microsoft de notre télémétrie. Ce tutoriel sur le dual boot Windows / Linux est là pour ça !

Après avoir essayé une (ou plusieurs) distribution(s) Linux telle que Ubuntu avec un live USB sans altérer notre système, on a fait le constat qu’il allait nous manquer peu de choses en migrant vers celle-ci. Peu de choses à l’exception peut-être d’un logiciel spécifique, avec lequel on a nos habitudes, et pour lequel il n’existe pas d’équivalent sous Linux. Cela peut être un jeu vidéo. Pour cette raison, bien que la décision de migrer sous Linux soit prise, il faudra respecter malgré tout la contrainte de pouvoir utiliser Windows de temps en temps sur l’ordinateur, comme avant la migration. Ceci est tout à fait possible avec le dual boot (double démarrage en français) qui permet d’installer Linux à côté de Windows 10. Cela peut-être une bonne solution alternative à la mise à niveau de Windows 7 à Windows 10.

En effet, on peut faire cohabiter plusieurs systèmes d’exploitation sur le même ordinateur, répartis sur plusieurs disques durs ou plusieurs partitions d’un même disque. On nomme ceci le multiboot, au sein duquel un gestionnaire de démarrage (le chargeur d’amorçage) saura lister et initialiser tous les systèmes d’exploitation installés dans l’ordinateur. Ainsi on pourra s’épanouir dans la liberté avec des logiciels qui ne se soucient que de bien fonctionner et d’être inter-opérables, tout en se permettant de démarrer Windows à l’occasion, pour continuer sa partie du dernier jeu à la mode.

Mise en garde sur le dual boot et ce tutoriel

Les manipulations qui vont être nécessaires pour arriver à ce résultat sont relativement simples, et à la portée de tout le monde. Cependant, elles ne sont pas anodines, et doivent être effectuées au calme, pour être pleinement concentré sur la tâche. Le nombre et la nature des manipulations à effectuer varient en fonction de la situation initiale, si l’on dispose d’un disque dur entier à dédier à l’ installation de notre distribution Linux ou pas, par exemple. Nous allons traiter un cas précis ici : comment configurer un dual-boot Windows 10 / Ubuntu Linux 19.10, sans disque dur dédié à ça, et sans partition initialement disponible pour installer Ubuntu. Notons que les opérations qui vont être décrites, bien que réalisées de nombreuses fois avec succès, sont fournies ici sans aucune garantie, et que l’auteur ou astuces-aide-informatique.info ne pourront en aucun cas être tenus responsables des conséquences d’une éventuelle erreur de manipulation.

Préparation de l’environnement, et précautions impératives avant la mise en place du Dual boot

Avant toute chose, un certain nombre de préparatifs, de vérifications et de précautions à prendre sont nécessaires.

Sauvegarde de l’ordinateur complet

C’est la première chose à faire, et la plus importante. Une sauvegarde complète et fiable de l’ordinateur entier nous garantira un retour à l’état initial en cas d’erreur de manipulation provoquant un échec de l’opération. Il ne faut en aucun cas faire l’économie du temps et de l’énergie nécessaires à réaliser cette sauvegarde. Elle ne servira très certainement pas dans 99 % des cas, mais son absence en cas de pépin sera probablement très regrettée. C’est d’ailleurs une excellente habitude que celle de sauvegarder régulièrement son ordinateur, et on ne peut que conseiller d’user de cette saine activité.

Pour réaliser cette sauvegarde, le plus fiable et le plus simple est de sauvegarder entièrement l’ordinateur en réalisant une image complète du disque. Ainsi, on saura restaurer l’ensemble du système, des logiciels et des données à leur état initial. Pour ce faire, on pourra par exemple utiliser Acronis True Image ou bien clonezilla, et un bon vieux disque dur externe, à la capacité suffisamment importante.

Préparer un média d’installation

L‘installation sera effectuée à partir d’une clé USB sur laquelle l’image d’installation d’Ubuntu aura été transférée. Pour fabriquer cette clé, on pourra suivre le tutoriel comment tester Ubuntu sans modifier son ordinateur, relatant l’usage d’une clé live USB d’Ubuntu.

Faire de la place pour Ubuntu et le dual boot

Pour rappel, le cas exposé ici implique un seul disque dur dans l’ordinateur, sur lequel il n’y a pas de partition vierge supplémentaire disponible pour installer Ubuntu. Il va donc falloir faire de la place, réduire la taille d’une des partitions utilisées par Windows 10, et utiliser l’espace non-partitionné ainsi nouvellement disponible pour installer Ubuntu. Cette étape est l’une des plus délicates de l’opération. Le redimensionnement d’une partition n’est pas une opération anodine, encore plus quand c’est pour la réduire.

Si à cette étape vous n’avez pas encore de sauvegarde de votre système entier, il est encore temps de tout arrêter pour la réaliser. Le succès de la manipulation repose en partie ici sur la quantité d’espace disponible qu’il y a sur la partition de Windows 10 choisie pour être réduite. Bien qu’une installation de base de Ubuntu sache se contenter de moins de 10Go, tailler si serré s’avérera rapidement beaucoup trop juste lorsqu’on voudra installer des logiciels supplémentaires, ou stocker des données.

Toutefois, en ce qui concerne le stockage de données proprement dites, l’allocation d’un volume dédié sera au début facultatif, car nous verrons que nous pourrons accéder aux données stockées par Windows 10 depuis notre Ubuntu, aussi bien en lecture qu’en écriture. Elles pourront donc très bien rester à leur emplacement d’origine pour l’instant.

Dans l’exemple suivant, Windows 10 est installé sur une partition de 120 Go occupée à hauteur de 80 Go. L’objectif sera de  récupérer 20 Go de l’espace libre pour le dédier à l’installation de Ubuntu. Nous allons donc mettre à profit les 40 Go libres pour réduire la partition de 20 Go ; ainsi nous disposerons de 20 Go d’espace non partitionné qu’on pourra dédier à Ubuntu, et il restera encore 20 Go pour la partition dédiée à Windows 10.

Depuis le Windows 10 démarré avec une session ayant des privilèges administratifs, appuyer sur la touche « windows » et sur la touche « R » en même temps pour ouvrir la boite de dialogue « exécuter ». Dans cette dernière, saisir « diskmgmt.msc ».

execution diskmgmt.msc

Puis cliquer sur « OK » pour ouvrir le composant de gestion des disques et des partitions de Windows.

Le composant de gestion des disques de windows

Le composant de gestion des disques de Windows, où l’on voit la partition de 120 Go sur laquelle est installé Windows 10.

Dans l’exemple, le disque dur de l’ordinateur dispose d’une partition de 500 Mo réservée, et d’une partition C : de 119,5 Go disposant de 39,97 Go libres. C’est cette dernière qui va être réduite. La réduction est réalisée en cliquant avec le bouton droit de la souris sur le rectangle représentant la partition, et en choisissant l’action « réduire le volume » du menu contextuel.

lancement de la réduction du volume

Lancement de l’assistant de réduction de la partition C qui contient le système Windows 10.

La boite de dialogue de configuration de la réduction apparaît. On saisit la valeur à réduire dans le champ « quantité d’espace à réduire (en Mo) ». Comme l’unité de configuration est le Mo, et que 1 Go = 1024 Mo, on saisit 20 x 1024 = 20480. Notons qu’il est tout à fait possible d’arrondir en mettant 20000, la réduction sera alors d’un tout petit peu moins que 20 Go, mais sera tout autant fonctionnelle ; n’importe quelle valeur ne collisionnant pas avec l’emplacement de fichiers non déplaçables pourra convenir.

paramétrage de la réduction

Le paramétrage de la réduction : ici, elle sera de 20480 Mo.

Précisions sur la fragmentation et les fichiers non déplaçables

Le succès d’une opération de réduction repose en grande partie sur l’état du système de fichiers à réduire, et notamment de sa fragmentation. En effet, les fichiers stockés dans un système de fichiers ne sont pas forcément stockés de manière continue, et les uns à la suite des autres. Un fichier peut donc être stocké de manière parcellaire, et chacun des morceaux le constituant être disposés à des endroits différents du disque dur : c’est la fragmentation. Ceci implique donc que l’espace disponible sur une partition est lui-même non contigu. Hors, pour réduire une partition nous avons besoin que la quantité d’espace à récupérer soit constituée de blocs de stockage se suivant les uns à côté des autres, et à la fin de la partition à réduire.

La réduction commence donc par une opération de défragmentation, qui consiste à essayer de rassembler les morceaux de fichiers pour les rendre les moins parcellaires possible, tout en veillant à déplacer les fragments de fichiers situés dans la zone de fin de partition concernée par la réduction de taille. Certains fichiers ne peuvent pas être défragmentés, car ils sont en cours d’utilisation par le système par exemple : ils sont non déplaçables. Si un ou plusieurs de ceux-ci est dans la zone de récupération d’espace, on ne pourra pas aller au-delà et la valeur récupérable sera inférieure à l’objectif visé.

La réduction commence après avoir cliqué sur le bouton réduire. Il est recommandé d’utiliser le moins possible l’ordinateur pendant l’opération, pour ne pas stimuler des écritures sur le disque dur qui pourraient perturber la défragmentation et la réduction. Dans notre exemple, à titre informatif, le temps de réduction s’est élevé à un gros quart d’heure sur un disque mécanique, mais le système de fichiers était peu fragmenté (5 % de fragmentation à peu près) et nous avons cherché à ne récupérer que 20 Go. Le temps de réduction peut être beaucoup plus long, en fonction de l’état de fragmentation du système de fichiers, de l’espace à récupérer, du taux d’utilisation du disque pendant l’opération, et de ses performances.

Une fois l’opération terminée, le disque dur dispose d’un espace non partitionné disponible. C’est cet espace dans lequel va s’effectuer l’installation d’Ubuntu. Il est important de ne pas créer de partition à cette étape, et de laisser l’espace libre non partitionné. En effet, l’installateur d’Ubuntu recherchera de l’espace non partitionné pour réaliser le partitionnement automatique pendant la phase d’installation.

le résultat de la réduction

Le résultat de la réduction : un espace non partitionné de 20 Go est à présent disponible.

Installation d’Ubuntu

Le disque dur dispose à présent d’un espace non partitionné utilisable pour l’installation d’Ubuntu, cette dernière peut commencer.

Démarrage depuis le média d’installation

Les opérations nécessaires pour démarrer sur le média d’installation sont identiques à l’utilisation d’un live USB d’Ubuntu. Le média est le même et peut être utilisé pour réaliser l’installation. La procédure est identique à celle décrite dans l’article, jusqu’à l’étape du choix entre le mode « live » et l’installation : ici nous choisirons l’installation, après avoir sélectionné la langue française.

live ou installation

Le choix entre le mode live ou le mode installation. Cette fois-ci on installe pour de bon !

Installation

L’installation à proprement parler d’Ubuntu est très accessible, et se réalise en répondant à quelques questions simples, l’installateur se  chargeant de gérer automatiquement les parties qui peuvent être un peu techniques.

choix de la langue

L’installation commence par le choix de la langue de l’interface.

Il est conseillé à l’étape de choix du clavier de tester quelques touches spécifiques du clavier français, pour vérifier qu’elles correspondent bien ; c’est important pour ne pas rater l’étape de définition du mot de passe.

choix du clavier

Le choix de la langue du clavier. Il ne faut pas hésiter à tester quelques touches spécifiques.

Pour le type d’installation, nous choisissons l’installation normale, qui comprend l’installation automatique de l’environnement graphique de bureau et des outils et logiciels associés. On pourra également cocher la case activant l’installation de logiciels tiers (comprendre ici « propriétaires », par opposition à « libres ») pour maximiser le support de certains matériels le nécessitant.

Si on a connecté l’ordinateur au réseau pendant le démarrage sur le média d’installation, il sera possible d’installer les mises à jour du système pendant le processus d’installation de sorte que Ubuntu sera complètement à jour dès la fin de l’installation. Dans le cas contraire, ce n’est pas grave, il sera toujours temps de mettre à jour le système n’importe quand après l’installation.

type d'installation

Le choix du type d’installation : l’installation dite normale inclut un maximum de logiciels.

L’étape suivante devra déterminer comment on va exploiter l’espace libre non partitionné sur le disque dur. Ici nous choisirons « Installer Ubuntu à côté de Windows 10 » et ainsi laisser l’installateur prendre les décisions en ce qui concerne le partitionnement. Il est possible de partitionner manuellement soi-même le disque, mais nous reparlerons de tout ça un peu plus loin.

choix du partitionnement

Le choix du type de partitionnement : nous laissons l’installateur gérer automatiquement cette étape.

Avant toute opération définitive, l’installateur confirme les actions qu’il va entreprendre pour préparer le disque. C’est l’occasion de vérifier qu’il va bien faire ce qu’on attend de lui.

confirmation du partitionnement

L’installateur indique quelles opérations vont être effectuées sur le disque; ici il va créer et formater une nouvelle partition.

La suite de l’installation est extrêmement simple ; on choisit le fuseau horaire:

choix du fuseau horaire

L’étape de détermination du fuseau horaire.

Puis on créé le premier utilisateur.

création de l'utilisateur

La création du premier utilisateur du système. Par sécurité, on préférera avoir à saisir le mot de passe à chaque ouverture de session.

Premier démarrage

A la fin de l’installation, l’ordinateur demande à redémarrer tout en invitant l’utilisateur à retirer la clé USB. C’est l’occasion de voir pour la première fois le gestionnaire d’amorçage grub.

grub

Le menu du gestionnaire de démarrage grub, comprenant plusieurs entrées, dont une pour Ubuntu et une autre pour Windows 10.

On y voit que Ubuntu est le système d’exploitation qui est lancé par défaut, si aucun  choix n’a été effectué au bout de quelques secondes. On remarque également qu’une entrée à automatiquement été configurée pour Windows 10, et on pourra la sélectionner si on souhaite démarrer dessus.

Après la première ouverture de session à l’aide de l’utilisateur créé pendant l’installation, l’environnement de bureau Gnome propose d’ajouter un compte en ligne de certains grands fournisseurs ou solutions d’auto-hébergement ; en effet, les applications agenda et contacts de Gnome sont capables de synchroniser avec des applications en ligne par exemple.

connexion des comptes en ligne

L’étape facultative de connexion des comptes en ligne.

Ubuntu peut réaliser de la télémétrie depuis les systèmes installés sur les ordinateurs des utilisateurs pour améliorer ses services, mais contrairement à Windows 10, ici, nous pouvons la refuser.

configuration de la télémétrie

La télémétrie, facilement désactivable dans Ubuntu.

Il en est de même si on ne souhaite pas activer les services de géolocalisation.

désactivation de la géolocalisation

L’étape de la configuration de la géolocalisation.

Enfin la logithèque Ubuntu présente quelques applications installables, mais ce n’est qu’un échantillon et il sera possible de revenir dessus n’importe quand.

logithèque Ubuntu

Un échantillon de la logithèque accessible depuis notre Ubuntu.

Si toutes les mises à jours n’ont pas été appliquées pendant la phase d’installation, la fenêtre suivante peut surgir :

gestionnaire de mises à jour

Le gestionnaire de mises à jour.

Quoi qu’il en soit, elle surgira de temps en temps quand le système détectera qu’il y a des mises à jour à effectuer.

Quelques détails rapides sur la partitionnement utilisé pour l’installation

Partition utilisée

Pendant l’étape de l’installation qui détermine comment exploiter la partition libre du disque dur, nous avions choisit l’option « Installer Ubuntu à côté de Windows 10». Cette option revenait à laisser l’installateur préparer comme il l’entendait le disque dur. Jetons un œil à ce qui a été fait.

vue des partitions

On constate que l’installateur a créé une partition étendue contenant la partition logique de 20 Go dans laquelle le système Ubuntu a été installé. C’est le choix qui a été fait automatiquement, mais nous aurions pu en faire un autre en configurant manuellement l’espace non-partitionné rendu disponible par la réduction de la partition de Windows 10.

Et le swap ?

Le swap est très schématiquement une zone du disque dur dédiée pour y simuler de la mémoire vive, lorsque celle-ci peut venir à manquer, ou dans d’autres circonstances. Le swap est optionnel, et de nombreux administrateurs système ne l’utilisent pas sur leurs serveurs, après s’être assurés que ceux-ci disposaient d’une quantité suffisante de mémoire vive. Le plus souvent, la zone du disque préparée pour le swap est une partition dédiée. Hors ici, cette partition n’existe pas. Pourtant la commande « free » nous montre qu’il y a une quantité de swap utilisable par le système.

sortie de la commande free

Le résultat de la commande « free » qui montre qu’il y a bien un swap de configuré.

En fait, dans cet exemple, l’installateur d’Ubuntu a choisir de configurer le swap pour qu’il se fasse dans un fichier déposé à la racine de l’arborescence de notre Ubuntu, un peu comme cela se fait pour Windows.

le swap dans le fichier fstab

La configuration du swap dans le fichier fstab; ici, ce n’est pas une partition dédiée, c’est un fichier.

 

fichier de swap

Le fichier de swap à la racine du système de fichiers de Ubuntu.

Comment accéder à mes données de Windows 10 depuis Ubuntu ?

La partition de type NTFS sur laquelle est installée Windows 10 peut très bien être accédée depuis Ubuntu, en lecture comme en écriture. Ceci permet de pouvoir profiter de ses données stockées dans la partition de Windows 10 depuis Ubuntu.

Monter la partition depuis l’explorateur de fichiers

Une solution simple consiste à « monter » depuis l’explorateur de fichier de Ubuntu la partition de Windows, qui est reconnue comme telle.

explorateur de fichiers de gnome

L’explorateur de fichiers de l’environnement Gnome, ouvert dans le dossier de l’utilisateur.

Il faut aller à la rubrique « autres emplacements » pour atteindre la partition de Windows 10 à monter.

vue de la partition windows

La partition de Windows 10 apparaît à la rubrique « autres emplacements » de l’explorateur de fichiers.

 

partition windows montée

La partition contenant Windows 10, montée dans notre Ubuntu.

Cependant cette méthode ne permet pas d’automatiser le montage à chaque redémarrage, et il faudra faire la même manipulation à chaque fois. De plus, si on a créé un signet pour accéder plus rapidement à un sous-dossier de la partition, celui-ci ne fonctionnera plus au démarrage suivant, tant que la partition n’aura pas été remontée manuellement.

Automatiser le montage avec le fichier fstab

Le fichier fstab est le fichier de configuration qui décrit comment doivent être rendus accessibles les différents disques de l’ordinateur ; nous l’avons aperçu brièvement précédemment, quand nous avons analysé comment l’installateur avait partitionné le disque. On a pu y voir que la partition Windows d’à peu près 99,5 Go était portée par le périphérique identifié comme /dev/vda2 (c’est à dire la deuxième partition du disque dur aka « device » vda). Nous allons donc compléter ce fichier pour y ajouter une ligne demandant le montage automatique de la partition /dev/vda2 dans un dossier qu’on aura créé dans le profil de notre utilisateur.

Créons un dossier vide dans le profil de notre utilisateur, dans lequel sera rendu accessible le contenu du disque Windows. Cela se fait intuitivement avec l’explorateur de fichiers, exactement comme on l’aurait fait sous Windows, par un clic droit dans le dossier de base du profil de l’utilisateur, puis en faisant le choix « nouveau dossier ».

nouveau dossier

 

dossier windows

Nous allons ensuite ouvrir un terminal de commandes, depuis lequel nous allons éditer le fichier fstab. Cliquer sur le bouton activités, puis saisir le mot-clé « terminal » dans la zone de recherche et appuyer sur « entrée ».

lancement terminal

Dans notre exemple, la partition de 99,5 Go contenant Windows est /dev/vda2. Selon les cas, ce nom de périphérique va varier et sera à adapter. Il nous faut à présent déterminer l’identifiant unique de cette partition, en tapant la commande suivante :

ls -l /dev/disk/by-uuid/
affichage uuid

Les uuid des différentes partitions.

L’identifiant unique est la suite de caractères en majuscules, dont la flèche qui suit pointe notre partition vda2. Dans notre exemple, c’est 16F81B30F81B0E1D. C’est sous cette référence que nous allons identifier notre partition à monter automatiquement dans le fichier fstab. On l’édite en tapant la commande suivante :

sudo gedit /etc/fstab

(saisir le mot de passe de l’utilisateur si demandé)

gedit fstab

Lancement de l’édition du fichier fstab, avec gedit en tant qu’utilisateur avec privilèges élevés.

Un éditeur de texte contenant le fichier fstab s’ouvre. Ajouter à la fin du fichier la ligne suivante :

UUID=16F81B30F81B0E1D /home/julien/windows ntfs defaults 0 0
contenu du fichier fstab

Le contenu du fichier fstab, tel qu’on le souhaite.

Le chemin du dossier vide dans lequel monter la partition est ici dans le profil de l’utilisateur « julien » : /home/julien/windows. Ce chemin sera également à adapter selon les cas. Enregistrer et fermer le fichier. Enfin, dans le terminal toujours ouvert, saisir la commande suivante pour monter immédiatement la partition Windows :

sudo mount -a
mount moins a

Exécution de la commande « mount -a » pour monter tout de suite la partition Windows.

Ce montage s’effectuera automatiquement à chaque démarrage d’Ubuntu. L’environnement Gnome épingle bien gentiment un lanceur raccourci pointant la partition Windows dans la barre latérale, cependant il ouvre la racine de la partition, qui contient la racine de la partition Windows ce qui n’est pas ce qui nous intéresse le plus.

raccourci vers la partition Windows

Le raccourci vers la partition Windows que Gnome a ajouté automatiquement au lanceur latéral.

Nous allons donc faire un petit signet pour accéder rapidement aux dossiers intéressants du profil Windows. Il suffit d’ouvrir le navigateur de fichiers sur la partition Windows, puis de plonger dans l’arborescence pour atteindre le profil Windows de l’utilisateur « julien » (situé dans le dossier « Users »). Une fois à l’intérieur du dossier pour lequel on souhaite créer un signet, il suffit de cliquer sur le dossier symbolisé avec le chevron qui descend, et de choisir « ajouter un signet ».

ajout signet

Le signet est désormais accessible depuis la partie gauche de l’explorateur de fichiers.

accès signet

Grub peut-il démarrer Windows par défaut au lieu de Ubuntu ?

Tout à fait, on peut demander à grub de démarrer Windows au lieu de Ubuntu lorsqu’ aucun choix n’aura été fait dans les 10 secondes pendant lesquelles s’affichent le menu de démarrage.

Modifier la configuration de grub

Pour ça, il faut éditer le fichier /etc/default/grub. Dans un terminal de commande, saisir:

sudo gedit /etc/default/grub

Taper le mot de passe si nécessaire.

sudo_gedit_grub

Le fichier contient plusieurs paramètres de grub, mais celui qui nous intéresse est GRUB_DEFAULT. La valeur à droite du signe égal indique le numéro de la ligne du menu de démarrage qui correspondra au système à charger par défaut. Attention, les lignes sont comptées à partir de 0, et non pas à partir de 1. Dans notre cas, Windows est sur la cinquième ligne, on mettra donc la valeur 4 et on enregistrera les modifications.

edition_configuration_grub

Paramétrage du système lancé par grub par défaut. Ici, c’est la valeur 4 qui sera rentrée pour lancer Windows.

 

menu_grub_numeros_lignes

Comment sont numérotées les lignes dans le menu grub. La cinquième ligne, au numéro 4 donc, est celle qui correspond à Windows dans cet exemple.

Au lieu du chiffre indiquant le numéro de ligne, il est également possible de mettre l’intitulé de la ligne entre guillemets, ou bien de configurer grub pour qu’il se souvienne du dernier choix effectué et en fasse le défaut. Pour plus de détails, on pourra se référer à la rubrique dédiée du wiki ubuntu francophone.

Appliquer la nouvelle configuration de grub

Toujours dans un terminal de commandes, saisir la commande suivante:

sudo update-grub

La nouvelle configuration est appliquée, on peut à présent redémarrer pour vérifier que l’on obtient le résultat désiré.

J’ai changé d’avis, puis-je revenir en arrière et supprimer Ubuntu ?

Oui bien sûr, mais c’est dommage. Cependant, voici la marche à suivre pour revenir en arrière, supprimer toutes traces de l’installation d’Ubuntu et récupérer l’espace libéré dans la partition. Il faut redémarrer l’ordinateur sur le système Windows 10 en choisissant l’option dans le gestionnaire de démarrage ; puis il faut lancer de nouveau le gestionnaire de disque « diskmgmt.msc » comme on l’a fait pour réduire la partition Windows initiale.

démarrage sur windows

Cette fois-ci on demande à grub de démarrer l’ordinateur sur Windows.

Supprimer la partition Ubuntu

Dans la vue qui représente les partitions du disque dur, il suffit de faire un clic droit sur la partition de 20 Go dédiée à Ubuntu, et de choisir « supprimer le volume ».

suppression partition logique

Suppression de la partition logique qui contenait Ubuntu.

Nous avons vu précédemment que l’installateur d’Ubuntu avait créé une partition étendue contenant une partition logique, elle-même contenant le système de fichiers d’Ubuntu. Nous venons de supprimer cette partition logique ; il faut à présent  supprimer la partition étendue, en répétant la même opération.

suppression partition étendue

Suppression de la partition étendue.

Agrandir la partition Windows

Toujours depuis le gestionnaire de disques de Windows 10, cliquons avec le bouton droit sur la partition de 99,5 Go appartenant à  Windows, et choisissons « étendre le volume ».

aggrandissement partition Windows

Agrandissement de la partition Windows pour reprendre l’espace libéré.

Par défaut le système propose d’étendre le volume sur tout l’espace non-partitionné  disponible, ce qui est souhaité : il suffit alors de faire suivant – suivant – terminé pour étendre le volume à sa taille d’origine.  L’agrandissement est effectif en quelques instants.

Nettoyer le secteur de démarrage du disque dur

Cette fois-ci nous allons exécuter l’interpréteur de commandes de Windows 10, en demandant explicitement à le faire avec des privilèges administratifs. Pour ce faire, il faut saisir dans le champ de recherche de la barre des tâches (ou appuyer sur la touche windows ») et saisir « cmd ». Le programme cmd apparaît dans les résultats de la recherche : cliquer dessus avec le bouton droit et choisir « exécuter en tant qu’administrateur ».

execution cmd

Lancement de l’interpréteur de commandes cmd avec les privilèges maximum.

Dans l’interpréteur de commandes, il faut saisir la commande suivante :

bootsect /nt60 SYS /mbr
exécution de bootsec

Résultat de la commande bootsect.

L’utilitaire bootsect cherche à mettre à jour le code de démarrage de la partition système et échoue, car nous avons démarré Windows dessus et elle est par conséquent verrouillée ; ce n’est pas grave, ce n’est pas la partie de l’opération qui nous intéresse.

La deuxième partie du résultat de la commande montre que le code de démarrage du disque a lui bien été mis à jour, et c’est cela que nous cherchions à faire, pour remplacer grub par le gestionnaire de démarrage de Windows 10 dans le mbr du disque dur. Le retour en arrière est terminé.

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