Cybersécurité

Détecter un logiciel espion sur son ordinateur : la méthode complète

Par Fabien Peltière , le 13/05/2026 , mis à jour le 09/10/2026 - 15 minutes de lecture
Détecter un logiciel espion sur son ordinateur

📌 L’essentiel à retenir

Un logiciel espion collecte vos mots de passe, mails et frappes clavier sans se montrer. Pour le repérer sur Windows, ouvrez l’invite de commande en administrateur, tapez netstat -b et examinez les programmes connectés. Sur Mac, le moniteur d’activité fait le même travail. Si un processus suspect apparaît, fermez-le, supprimez le fichier source et videz la corbeille. En complément, AdwCleaner ou ZHPCleaner nettoient les menaces résiduelles. En cas de doute persistant, changez vos mots de passe depuis un autre appareil et réinstallez le système.

Votre ordinateur rame depuis quelques jours, le ventilateur s’emballe sans raison ou votre webcam s’allume toute seule ? Vous avez peut-être un logiciel espion installé à votre insu. Ces programmes malveillants collectent vos mots de passe, lisent vos mails et enregistrent ce que vous tapez au clavier, sans jamais se montrer. Bonne nouvelle : on peut les démasquer avec quelques outils simples, dont la commande Netstat intégrée à Windows. Voici la marche à suivre pour faire le ménage.

Repérer un logiciel espion installé sur son ordinateur PC ou Mac

Qu’est-ce qu’un logiciel espion ou spyware ?

Comme son nom l’indique, il s’agit d’un logiciel malveillant qui s’installe de manière furtive sur votre terminal (ordinateur, tablette, smartphone). Un simple clic sur une publicité piégée ou l’ouverture d’une pièce jointe vérolée suffit. Le spyware peut aussi être installé physiquement : le pirate branche un dispositif (clé USB, disque dur ou carte SD) et copie le programme sur votre PC en quelques secondes.

Les logiciels d’espionnage sur smartphone ou sur PC surveillent votre moindre activité. Ils collectent vos données : mots de passe, documents, mails reçus ou envoyés, discussions en direct, frappes du clavier, historique de navigation. Certains permettent même au pirate de voler vos fichiers, de planter votre machine, de la redémarrer ou de l’éteindre à distance.

Il existe plusieurs familles de logiciels espions. Les plus répandus sont les suivants.

  • Les spywares : ils collectent les données d’utilisation de la victime sans qu’elle le sache.
  • Les adwares : ils affichent en boucle des publicités encombrantes.
  • Le cheval de Troie : il se fait passer pour un logiciel légitime (jeu, utilitaire, faux correctif) et ouvre, une fois installé, une porte dérobée au pirate.
  • Les rootkits : ils s’installent au cœur du système avec des droits élevés et masquent la présence d’autres programmes malveillants, ce qui les rend très difficiles à repérer.
  • Les keyloggers : ils enregistrent chaque touche frappée au clavier, mots de passe inclus.
  • Les stalkerwares : des logiciels de surveillance vendus dans le commerce, installés par un proche (conjoint, ex-conjoint, collègue) qui a eu accès à votre machine quelques minutes.
  • Les logiciels malveillants sans fichier : ils ne déposent aucun exécutable sur le disque et détournent des outils légitimes de Windows (PowerShell, WMI) pour agir directement en mémoire.

Les logiciels malveillants sont des parasites informatiques qui nuisent au bon fonctionnement de votre terminal et menacent votre vie privée. Il faut donc apprendre à les détecter pour les empêcher de nuire.

Les signes qui doivent vous alerter

Un logiciel espion bien conçu reste discret, mais il laisse presque toujours des traces. Voici les symptômes qui doivent vous mettre la puce à l’oreille.

  • Ralentissements anormaux : votre PC met du temps à démarrer, les applications s’ouvrent au ralenti, le disque dur tourne en permanence.
  • Activité réseau suspecte : le voyant de la box clignote alors que vous n’utilisez rien, ou votre forfait data fond plus vite que d’habitude.
  • Webcam ou micro qui s’activent seuls : la LED de la caméra s’allume sans raison, un message vous indique qu’une application utilise le micro.
  • Publicités intempestives : des fenêtres pop-up apparaissent sur le bureau ou dans le navigateur, même hors connexion.
  • Programmes ou icônes inconnus : un logiciel que vous n’avez jamais installé figure dans la liste des applications ou dans la barre des tâches.
  • Antivirus désactivé : votre protection s’est coupée seule et refuse de redémarrer.

Un seul de ces signes ne prouve rien, mais leur combinaison doit déclencher une vérification approfondie.

Comment savoir s’il y a un logiciel malveillant sur son ordinateur ?

Plusieurs méthodes existent pour vérifier l’état de votre machine. Sur Windows, l’invite de commande (Cmd) et les outils de diagnostic font le travail. Sur Mac, le Terminal et le moniteur d’activité jouent le même rôle.

Vérification sur Windows avec Netstat

Netstat est un outil intégré à Windows qui affiche toutes les connexions réseau actives de votre ordinateur. Il ne détecte pas les logiciels espions à proprement parler, mais il révèle les programmes qui communiquent avec internet, ce qui permet de repérer un intrus. On y accède via l’invite de commande Cmd. La procédure tient en sept étapes.

1. Lancez l’invite de commande

Tapez Cmd dans la barre de recherche de Windows 10 ou 11, faites un clic droit sur Invite de commandes et choisissez Exécuter en tant qu’administrateur. Ce mode est obligatoire : sans droits d’administrateur, la commande de l’étape suivante renvoie le message « L’opération demandée nécessite une élévation ». Autre raccourci : appuyez sur Windows + R, tapez Cmd dans la fenêtre Exécuter, puis validez avec Ctrl + Maj + Entrée au lieu de cliquer sur OK.

2. Vérifiez les programmes connectés

Dans la fenêtre noire, tapez netstat -b et validez avec Entrée (l’option b affiche le binaire associé à chaque connexion). La commande liste tous les programmes qui utilisent votre connexion internet en ce moment. L’affichage peut prendre une minute. Avec netstat -bo, vous obtenez en plus le numéro de processus (PID), pratique pour retrouver le programme dans le gestionnaire des tâches.

3. Ciblez le processus suspect

Repérez les programmes qui se comportent anormalement ou dont le nom vous semble louche. Copiez le nom du fichier exécutable et faites une recherche Google pour confirmer s’il s’agit d’un logiciel légitime ou non. Méfiez-vous des exécutables au nom proche d’un fichier système (par exemple svchost32.exe au lieu de svchost.exe).

4. Ouvrez le gestionnaire de tâches

Utilisez le raccourci clavier Ctrl + Alt + Suppr puis cliquez sur Gestionnaire des tâches. Cherchez le programme suspect dans la liste des processus en cours.

5. Ouvrez le répertoire du programme

Sélectionnez le processus, faites un clic droit puis choisissez Ouvrir l’emplacement du fichier. L’Explorateur Windows ouvre le dossier contenant l’exécutable incriminé.

6. Supprimez le fichier

Avant toute suppression, retournez dans le gestionnaire de tâches et cliquez sur Fin de tâche pour stopper le processus, sinon Windows refusera de supprimer le fichier. Faites ensuite un clic droit sur l’exécutable et choisissez Supprimer. Le programme part dans la corbeille.

7. Videz la corbeille

Pour éviter une restauration accidentelle, videz la corbeille. Clic droit sur l’icône de la corbeille, puis Vider la corbeille. Redémarrez ensuite votre PC pour vous assurer que le logiciel espion ne se relance pas au démarrage.

En complément de l’invite de commande, les utilisateurs de Windows peuvent installer des outils comme HijackThis (réservé aux utilisateurs avertis, il n’est plus mis à jour depuis 2013), AdwCleaner ou ZHPCleaner pour analyser leur système en profondeur. Un bon antivirus gratuit couvre aussi les menaces les plus courantes. Si le doute persiste après nettoyage, consultez un professionnel de la maintenance informatique pour plus de sécurité.

Les autres outils intégrés à Windows

Si la fenêtre noire de Netstat vous rebute, le Moniteur de ressources affiche les mêmes informations de façon plus lisible. Tapez resmon dans la fenêtre Exécuter (Windows + R), puis ouvrez l’onglet Réseau : chaque processus apparaît avec les adresses auxquelles il se connecte et le volume de données échangé.

Regardez aussi les programmes lancés au démarrage. Dans le gestionnaire des tâches, l’onglet Applications de démarrage (Démarrage sur Windows 10) liste tout ce qui se lance avec Windows. Un spyware s’y glisse souvent pour survivre au redémarrage. Désactivez toute entrée inconnue, puis vérifiez son nom sur Google avant de supprimer le programme correspondant.

Sur Windows 11, un autre contrôle permet de démasquer un espion qui filme ou écoute. Ouvrez Paramètres > Confidentialité et sécurité > Caméra, puis Microphone : la rubrique Activité récente liste les applications qui ont utilisé ces périphériques au cours des sept derniers jours, avec la date et l’heure de chaque accès. Un programme inconnu dans cette liste doit être vérifié sans attendre.

Dernier réflexe : Microsoft Defender, l’antivirus intégré à Windows, propose une analyse hors ligne pour débusquer les menaces les plus tenaces. Ouvrez Sécurité Windows > Protection contre les virus et menaces > Options d’analyse, sélectionnez l’analyse hors ligne de Microsoft Defender et lancez-la. Le PC redémarre et l’analyse tourne avant le chargement complet de Windows, là où la plupart des rootkits ne peuvent plus se masquer. Comptez une quinzaine de minutes.

Vérification sur Mac avec le moniteur d’activité

Sur Mac, ouvrez Applications > Utilitaires > Moniteur d’activité. L’onglet Réseau affiche les processus qui échangent des données avec internet. Triez par octets envoyés : un programme inconnu en haut de liste est suspect. Vous pouvez aussi taper lsof -i dans le Terminal pour obtenir la liste des connexions actives. macOS intègre aussi son propre antimalware, XProtect, qui bloque et supprime automatiquement les menaces connues. Pour aller plus loin, consultez notre guide des solutions antivirus pour Mac.

Que faire si un logiciel espion est confirmé ?

Si la suppression manuelle n’a pas suffi, passez à la vitesse supérieure. Voici les bons réflexes à enchaîner dans l’ordre.

  1. Déconnectez l’ordinateur d’internet (débranchez le câble Ethernet ou coupez le Wi-Fi) pour stopper l’envoi de données.
  2. Lancez une analyse complète avec votre antivirus à jour, en mode sans échec si possible.
  3. Changez tous vos mots de passe sensibles depuis un autre appareil sain : messagerie, banque, réseaux sociaux. Pensez à activer la double authentification partout où c’est possible.
  4. Surveillez vos comptes bancaires pendant plusieurs semaines et signalez toute opération inconnue.
  5. En cas de doute persistant, sauvegardez vos documents personnels puis réinstallez le système d’exploitation à partir d’un support officiel. C’est la seule façon d’être certain qu’il ne reste aucune trace.

Comment éviter d’attraper un spyware ?

La prévention reste plus efficace que le nettoyage. Quelques habitudes suffisent à réduire le risque d’infection.

  • Maintenez Windows, macOS et vos logiciels à jour : la majorité des spywares exploitent des failles déjà corrigées par les éditeurs.
  • Téléchargez vos applications uniquement depuis les sites officiels ou les stores intégrés (Microsoft Store, App Store).
  • Méfiez-vous des pièces jointes inattendues, même envoyées par un contact connu. Un piratage de boîte mail est vite arrivé.
  • Évitez les sites de téléchargement gratuit qui empaquettent des logiciels publicitaires avec leurs installeurs.
  • Utilisez un compte utilisateur standard au quotidien, pas un compte administrateur. La plupart des malwares ont besoin de droits élevés pour s’installer.
  • Activez le pare-feu Windows ou macOS et un antivirus reconnu, gratuit ou payant.

Foire aux questions

La commande netstat -b dans l’invite de commande Windows liste tous les programmes connectés à internet sans coûter un centime. Sur Mac, le moniteur d’activité fait le même travail. Repérez les processus dont le nom vous est inconnu et vérifiez-les sur Google avant d’agir.

Un PC qui rame sans raison, un ventilateur qui s’emballe, une webcam qui s’allume seule, des publicités intempestives ou un antivirus qui se désactive sont autant d’indices. Un seul signe peut être anodin, mais leur combinaison doit déclencher une vérification.

Un bon antivirus à jour détecte la majorité des spywares connus, mais certains se cachent dans des fichiers système ou utilisent des techniques sans fichier. Couplez votre antivirus avec un outil spécialisé comme AdwCleaner ou Malwarebytes pour un nettoyage complet.

Oui, c’est même le cas le plus fréquent. Le pirate envoie un mail piégé, une pièce jointe vérolée ou un lien malveillant. Un clic suffit pour installer le spyware en arrière-plan. Le pare-feu et un comportement prudent restent les meilleures parades.

La procédure est la même que sur Windows 10. Ouvrez l’invite de commande en administrateur, tapez netstat -b, puis croisez les résultats avec le gestionnaire des tâches (Ctrl + Maj + Échap) pour repérer le processus fautif.

Pas systématiquement. Si l’antivirus a nettoyé la menace et que les symptômes ont disparu, le système reste utilisable. En revanche, si vous suspectez un rootkit ou si vos données sensibles ont pu être copiées, une réinstallation propre depuis un support officiel reste la seule garantie.

Oui. Le mythe du Mac invulnérable a vécu : des spywares spécifiquement conçus pour macOS circulent depuis plusieurs années. Le moniteur d’activité et un antivirus dédié au Mac restent la meilleure combinaison pour les détecter.

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Fabien Peltière

Fabien Peltière

Rédacteur & Community Manager

Baignant dans l'informatique depuis tout petit (j'ai écrit mes premières lignes de code sur un Amstrad CPC 464) et travaillant depuis plus de 20 ans dans le web, j'écris des tutoriels destinés aux débutants afin de leur permettre de mieux appréhender le monde numérique, ses enjeux, ses pratiques et ses menaces. Responsable des réseaux sociaux (community manager pour Astuces & Aide Informatique).

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