Définitions

Web : définition, histoire et évolution du World Wide Web

Par Steve Chevillard , le 03/05/2026 , mis à jour le 11/09/2026 , 4 commentaires - 14 minutes de lecture

Définition : web 💡

Le web (World Wide Web) est un système de partage d’informations accessible via un navigateur internet, reposant sur des liens hypertextes et le protocole HTTP. Imaginé en 1989 par Tim Berners-Lee au CERN et mis en service en 1990, il constitue une application d’internet parmi d’autres, souvent confondu à tort avec internet dans sa globalité. Il a évolué vers le web 2.0 (plus collaboratif et participatif), puis vers le web 3.0, orienté décentralisation, données interconnectées et applications intelligentes.

Vous entendez parler du web tous les jours, vous naviguez dessus en permanence, mais savez-vous vraiment ce qui se cache derrière ce mot ? Le terme désigne en anglais une toile d’araignée. Quel rapport avec ce réseau mondial d’informations né en 1990 ? Et surtout, est-ce vraiment la même chose qu’Internet ? Je vous explique tout simplement, sans jargon, dans la suite.

Quel rapport entre le web et Internet ?

On retrouve ce terme dans WWW (pour World Wide Web ou Toile mondiale en français), il permet de consulter via un navigateur des pages regroupées sur des sites via le réseau internet.
L’image de la toile d’araignée découle des liens hypertextes qui relient les pages entre elles et qui peuvent donc faire penser à une toile d’araignée.

Le web n’est qu’une application d’Internet parmi d’autres, au même titre que le courrier électronique (email ou courriel en français), la messagerie instantanée, le partage de fichiers en peer to peer (en pair à pair) ou le partage de fichiers via le protocole FTP (exploitable avec Filezilla ou un client FTP alternatif). Internet, lui, désigne le réseau physique mondial qui relie les ordinateurs entre eux : votre fournisseur d’accès à Internet (FAI) vous y connecte, et le web n’est qu’un des services qui circulent dessus.

Par extension, il désigne couramment (et donc de façon inexacte) internet dans sa globalité et on trouve souvent sa trace dans les adresses des sites internet (ex: http://www.astuces-aide-informatique.info) appelées également URL (Uniform Resource Locator).

Attention, les www ne sont cependant pas absolument nécessaires pour accéder à un site web. Vous pouvez d’ailleurs faire le test : si le site est bien configuré, vous pourrez y accéder avec ou sans les 3 w.
Exemple : https://www.astuces-aide-informatique.info et https://astuces-aide-informatique.info pointent vers le même site.

Comment fonctionne le web ?

Concrètement, le web repose sur trois briques mises au point par Tim Berners-Lee au tout début des années 1990. Elles n’ont jamais été remplacées, seulement améliorées :

  • HTML (HyperText Markup Language) : le langage qui décrit le contenu d’une page, avec ses titres, ses paragraphes, ses images et ses liens ;
  • HTTP (HyperText Transfer Protocol) : le protocole qui transporte les pages du serveur jusqu’à votre navigateur. Sa version chiffrée, HTTPS, est devenue la norme : c’est elle que vous voyez au début de la plupart des adresses ;
  • URL : l’adresse unique de chaque page, celle dont je parlais juste au-dessus.

Ça donne quoi quand vous tapez une adresse ? Votre navigateur interroge d’abord un serveur DNS, qui traduit le nom du site en adresse IP. Il envoie ensuite une requête HTTP au serveur web qui héberge le site. Ce dernier lui renvoie la page en HTML, et le navigateur n’a plus qu’à l’afficher. Le tout prend en général une fraction de seconde.

Au passage, c’est ce qu’on appelle le modèle client-serveur : votre navigateur joue le rôle du client qui demande, le serveur celui du guichet qui répond. Chaque clic sur un lien hypertexte relance la même mécanique.

D’où vient le terme Web ?

Ce terme a été choisi en 1990 par Tim Berners-Lee, un an après sa première proposition de mars 1989. Considéré comme l’inventeur du web (et non d’Internet, dont l’ancêtre ARPANET fonctionnait depuis 1969), il développa le premier navigateur et éditeur web nommé WorldWideWeb alors qu’il était chercheur au CERN (acronyme hérité du Conseil européen pour la recherche nucléaire, aujourd’hui Organisation européenne pour la recherche nucléaire), près de Genève.
Il fut aidé dans ses développements par son collègue Robert Cailliau qui est également l’auteur du premier logo du WWW.

Deux autres dates comptent autant que 1990. Le 30 avril 1993, le CERN verse la technologie du web dans le domaine public : tout le monde peut l’utiliser gratuitement, sans payer la moindre licence. En octobre 1994, Tim Berners-Lee fonde le W3C (World Wide Web Consortium), l’organisme qui fixe encore aujourd’hui les standards du web comme le HTML. En vrai, sans ce choix du domaine public, le web n’aurait sans doute jamais connu une telle explosion.

Logo historique du World Wide Web dessiné par Robert Cailliau au CERN
Le premier logo du World Wide Web, dessiné par Robert Cailliau

Le premier site web créé

Il est toujours possible de consulter le tout premier site web, point de départ du développement du World Wide Web, créé par Tim Berners-Lee et mis en ligne à la fin de l’année 1990 à cette adresse: http://info.cern.ch/

Ce site tournait sur un ordinateur NeXT installé au CERN, qui servait de tout premier serveur web. Il présentait le projet World Wide Web lui-même : ce qu’est l’hypertexte, comment créer ses propres pages et comment chercher de l’information.

Capture du tout premier site web de l'histoire, créé par Tim Berners-Lee au CERN en 1990
Le premier site web créé par Tim Berners-Lee

Et le web 2.0, c’est quoi ?

Le terme web 2.0 apparaît dès 1999 sous la plume de Darcy DiNucci, mais c’est Dale Dougherty (O’Reilly Media) qui le relance en 2004. Il est ensuite popularisé par Tim O’Reilly, qui organise la même année la première Web 2.0 Conference à San Francisco. L’expression devient très à la mode après l’éclatement de la bulle internet du début des années 2000.

Il désignait un internet nouveau, comme une nouvelle version d’internet (avec une infrastructure plus complexe et évoluée). Pour beaucoup,  ce terme est cependant très largement galvaudé car trop lié au marketing.

Cette expression met l’accent sur la supposée simplicité et la plus grande interactivité de ce nouvel internet qui doit permettre au plus grand nombre d’utiliser les fonctionnalités d’internet grâce à des outils de partage et d’échange (blogs, wikis, forums, etc.)  qui doivent faire de l’internaute une personne active sur la toile.

Bref, un web plus simple pour l’internaute, plus collaboratif et participatif.

Qu’est-ce que le web 3.0 ?

Le Web 3.0 est une évolution de l’architecture du web qui vise à rendre le web plus intelligent, plus collaboratif et plus personnel. Il utilise des technologies pour améliorer la compréhension et l’interprétation des données sur le web.

Il repose sur l’utilisation de technologies telles que les réseaux de données et les agents logiciels pour améliorer la compréhension des données et faciliter la recherche de l’information. Il permet également d’interconnecter les données entre elles pour créer des applications plus intelligentes et plus personnalisées.

Notez que le Web 3.0 reste en cours de définition, sans spécifications techniques figées. On y associe néanmoins des briques bien identifiées : la blockchain, les contrats intelligents (smart contracts), les protocoles de stockage décentralisé comme IPFS, ainsi que les jetons NFT qui permettent de prouver la propriété d’un contenu numérique.

Le Web 3.0 permettra également de créer des applications décentralisées (dApps) qui seront plus autonomes et moins dépendantes des grandes entreprises ou organisations centralisées. Il est également attendu pour faciliter les transactions en ligne et les échanges de données plus sécurisés. Il est donc notamment étroitement lié aux crypto-monnaies.

Le Web 3.0 est donc un concept en évolution qui vise à améliorer l’expérience utilisateur en proposant des services plus personnalisés, plus intelligents et plus sécurisés sur le web.

Web, deep web et dark web : quelle différence ?

Le web que vous parcourez avec Google n’en est que la partie émergée. On l’appelle le web de surface : toutes les pages publiques que les moteurs de recherche peuvent explorer et indexer.

Juste en dessous, il y a le deep web (web profond en français). Pas la peine de s’inquiéter : il regroupe simplement les pages que les moteurs n’indexent pas, comme votre boîte mail, votre espace bancaire, l’intranet de votre entreprise ou vos documents stockés en ligne. Bref, tout ce qui se cache derrière un identifiant et un mot de passe. C’est sans doute la plus grosse partie du web, même si personne ne sait la mesurer précisément.

Le dark web, lui, est une petite portion volontairement cachée. Ses sites, dont l’adresse se termine en .onion, ne s’ouvrent qu’avec un logiciel spécifique comme Tor Browser. On y croise des journalistes et des opposants politiques qui ont besoin d’anonymat, mais aussi pas mal de trafics illégaux. Si la curiosité vous titille, lisez d’abord les précautions à prendre pour accéder au dark web en toute sécurité.

Questions fréquentes à propos du web

Non, et c’est la confusion la plus répandue. Internet est le réseau mondial qui relie les ordinateurs entre eux, le web n’est qu’un des services qui circulent dessus, au même titre que l’e-mail ou le partage de fichiers. Quand vous relevez vos mails avec un logiciel comme Thunderbird, vous utilisez Internet sans passer par le web.

Votre navigateur envoie une requête HTTP (ou HTTPS) au serveur qui héberge la page demandée. Le serveur lui renvoie la page, écrite en HTML, et le navigateur l’affiche. Les liens hypertextes font le reste en vous emmenant d’une page à l’autre.

C’est le logiciel qui vous sert de porte d’entrée sur le web : il récupère les pages à partir de leur adresse (URL) et les affiche. Parmi les plus utilisés, on trouve Google Chrome, Safari, Microsoft Edge et Mozilla Firefox.

Une page web est un document unique, écrit en HTML, qui possède sa propre adresse. Un site web est un ensemble de pages reliées entre elles, publiées sous le même nom de domaine et hébergées sur un serveur web. Cet article est une page, astuces-aide-informatique.info est le site.

C’est un texte ou une image cliquable qui vous envoie vers une autre page, sur le même site ou ailleurs. C’est lui qui donne au web son allure de toile : des milliards de pages reliées entre elles par des liens.

C’est un service en ligne qui explore le web, indexe les pages et vous propose les plus pertinentes quand vous tapez une requête. Google domine très largement la concurrence, devant Bing et Yahoo. Il existe aussi des alternatives plus respectueuses de la vie privée comme Qwant, DuckDuckGo ou Ecosia.

Oui. Les applications de votre smartphone, les assistants vocaux ou les lecteurs de flux RSS récupèrent des contenus via le protocole HTTP sans ouvrir de navigateur, et des outils en ligne de commande comme curl ou wget téléchargent des pages directement. Mais pour surfer au quotidien, le navigateur reste de loin le plus pratique.

Tim Berners-Lee, chercheur britannique au CERN, près de Genève. Il propose son projet en mars 1989 pour faciliter le partage d’informations entre les scientifiques du laboratoire, puis met en ligne le premier site fin 1990 avec l’aide de Robert Cailliau.

Non. Le préfixe www désignait historiquement le serveur web d’un domaine, mais c’est une simple convention. Un site bien configuré répond avec ou sans, et redirige l’une des deux versions vers l’autre.

Soyons clairs, personne ne peut donner de date. Le terme désigne à la fois le web sémantique voulu par Tim Berners-Lee et le Web3 fondé sur la blockchain, et aucun des deux ne s’est encore imposé au grand public. Certaines briques existent déjà, comme les cryptomonnaies, les NFT ou les applications décentralisées.

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Steve Chevillard, créateur d'Astuces & Aide Informatique

Steve Chevillard

Homo numericus. J'ai lancé Astuces et Aide Informatique en 2015, à une époque où j'expliquais surtout les mêmes choses trois fois à mes proches. Depuis, je continue : dépanner, tester, écrire ce que j'aurais aimé lire. Une licence en Histoire, un diplôme de développeur web à l'Université de Bourgogne et aujourd'hui directeur technique web chez Philo éditions (Sciences Humaines, Philosophie magazine, Philonomist). En dehors des écrans, je joue de la basse, j'écoute beaucoup de musique et j'ai une femme et deux enfants qui me rappellent qu'il existe un monde hors du terminal.

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Commentaires

Invité

Le 24/11/2015 à 10 h 18 min, Sauvegarde informatique a dit :


j'entends au quotidien le terme web, mais je ne me suis jamais posé la question: quel est sa signification? Maintenant que je vois la réponse dans cet article, je me dit que j'ai eu tort d'avoir cru que je savais déjà tout sur ce terme.


Votre réponse sera révisée par les administrateurs si besoin.

Invité

Le 23/02/2018 à 21 h 57 min, mercedess Girukubonye a dit :


c'est quoi l'importance du www dans l'URL??


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Steve Chevillard, créateur d'Astuces & Aide Informatique

Le 25/02/2018 à 17 h 34 min, Astuces et aide informatique a dit :


Les www ne sont pas vraiment importants. Ce préfixe www est une convenance mais n'est absolument pas obligatoire. La plupart des sites sont accessibles sans les www (sinon c'est qu'ils ont été mal configuré). C'est surtout un rappel des origines du World Wide Web et une habitude qui date des débuts du web.


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Invité

Le 13/09/2019 à 16 h 06 min, Xof a dit :


Le www est le nom du serveur Web, mais tout comme le numéro de port standard Web est 80 (c'est-à-dire le numéro du programme), le nom par défaut est wwww, d'où la possibilité de ne pas les indiquer.


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