Qu’est-ce que la Data Pédagogie ?

Vous avez dit Data Pédagogie ? Le big data au service du formateur

Cet article est le fruit de nos recherches sur Internet et plus spécifiquement des travaux aboutis (livres et projets) de Romain Rissoan sur le sujet de la data et de la pédagogie.

La formation professionnelle (et les cours en ligne) passe d’une économie de Stock à une économie de flux : Des besoins de Formation qui changent régulièrement et donc de moins en moins de formations bien rangées sur des PowerPoint prêts à être utilisés depuis un catalogue.
Pour cause, un besoin de se former rapidement et en continue pour s’adapter à son environnement.

Les besoins d’apprentissages sont devenus paradoxaux

Les attentes de base des apprenants en formation sont les suivantes :

  • Des offres de formation sur étagère (sans ingénierie pédagogique afin de limiter la préparation ce qui coûte un temps de réflexion à l’apprenant). Du vite.
  • Des offres de formation pas chère (car les budgets sont de plus en plus restreints et les besoins en formation de plus en plus importants). Du Pas cher.
  • Des offres de formation sur mesure (car apprendre un contenu standard est moins enrichissant que d’apprendre un contenu directement applicable dans son contexte professionnel). Du personnalisé.

En bref, les apprenants semblent attendre des éléments quelque peu paradoxaux : Du vite, Personnalisé et Pas cher. Bref, bien à l’image de notre société boulimique d’information plus que de compétence, « infobèse » plus que « balaise ».

Pourtant notre époque permet effectivement de répondre à ce paradoxe.

Tout ce que l’ancien monde de l’apprentissage, de l’astuce et de l’aide en informatique ou non informatique ne pouvait pas leur offrir est désormais possible grâce au digital.

Le sujet du « comment est-ce possible » sera traité dans un autre article. Mais le plus bel exemple de cette réussite c’est le moteur de recherche Google : Pas cher (gratuit), Vite (en moins de 1 secondes vous savez en quelle année est née la reine d’Angleterre (Et oui ça peut servir si jamais vous étiez face à un théorème impossible à résoudre ;) )) et Personnalisé (En fonction de votre zone géographique va vous proposer des résultats différents).

Les besoins en apprentissage

Les formateurs doivent alors « s’augmenter »

Partant de ce constat, la question que nous souhaitons soulever ici c’est le devenir du formateur, du professeur, de celui qui transmet la compétence.
En effet, pour faire face à cela, les formateurs et organismes de formations doivent s’adapter en se montrant à la fois créatif et méthodique :

  • Créatif car résoudre une équation de la sorte paraît impossible.
  • Méthodique car pour trouver une forme d’industrialisation, d’économie d’échelle (on parle de scalabilité), il faut imposer des règles de format, ceci afin d’obtenir par exemple, une réutilisabilité des contenus.

Pour aider la résolution difficile de cette équation, revient alors un terme bien à la mode : le Big data.

Autrement dit, le formateur ne peut plus vraiment s’en référer à son unique expérience, connaissance et savoir être il doit également en référer à des outils externes : On parle d’homme augmenté, ici de formateur augmenté.

Avant vous deviez mémoriser la date de naissance de la reine d’Angleterre pour discuter avec un spécialiste du sujet. Aujourd’hui ce n’est plus un problème car vous êtes un homme augmenté via votre smartphone.

Et bien en formation c’est pareil. En tant que formateur/professeur, vous ne pouvez plus vous en référer à ce mode de fonctionnement purement « organique » (humain) vous devez vous appuyer sur une technologie.

Le Big data au service de la formation

Comme dit précédemment le besoin paradoxal de l’apprenant en formation nécessite des calculs poussés pour progresser.

Pour faire simple, il s’agit de demander à une machine de résoudre l’équation car elle est bien trop complexe pour nous.

La première question de cette équation étant par exemple :
Est-ce rentable pour moi, entant qu’organisme, professeur ou formateur, d’investir sur l’industrialisation de cette thématique de formation sachant que je devrai revoir régulièrement mes contenus ?

Ce qui sous-tend en réalité deux autres questions auxquelles il faut savoir répondre rapidement :

  • Qu’est-ce que le besoin du client en formation ?
  • Qu’est-ce que je suis en mesure de proposer en formation ?

Voici donc deux exemples de machines à répondre à ces deux questions.

Le point fort à retenir dans ce paragraphe c’est qu’un calcul doit être opéré pour définir la rentabilité des actions de formation. Car la pédagogie dépend certes du besoin client mais surtout de la marge que vous souhaitez obtenir.

Dit autrement, une formation avec 25 personnes très riches peut se faire dans une salle avec des chaises en Or et des lunettes 3D alors qu’une formation avec une personne sans revenu devra se faire dans un hangar avec un formateur bénévole ne disposant pas d’outils informatiques.

La Datapédagogie pour aider les apprenants à définir leur besoin

Il est coutumier de constater la difficulté pour un apprenant/commanditaire de formation de spécifier son besoin.

Aussi, c’est classiquement tout le rôle du conseiller formation (d’organisme de formation ou d’OPCO) que d’affiner cette question.

Pourtant Swing Academy a décidé d’en faire un outil.

Swing Academy permet ainsi d’aider à formaliser son besoin de formation à partir de la saisie de mot clé. Cela simplifie ainsi le travail d’étude du besoin et satisfait l’utilisateur à la recherche d’une solution immédiate.

Par exemple, vous voulez analyser vos données, tapez analyse des données. L’outil vous trouvera tous les logiciels proposant cette fonctionnalité et vous saurez alors vers quelle formation vous tourner.

Analyse des données de formation par Swing Academy

Il en ressort donc un commanditaire de formation un peu mieux renseigné. Mais il faut à présent lui proposer des offres de formation.

La Datapédagogie pour proposer de offres de formation algorithmées

Nous n’aurions évidemment pu éviter de parler de SkillUp dans ce contexte puisque c’est précisément l’offre de SkillUp.

Via une solution de machine learning, les offres de formation des partenaires organismes de formation sont soigneusement analysées, calculées et restructurées pour donner naissance à une véritable offre comparative.

L’offre est très tributaire des partenariats qu’ils opèrent cependant le concept est en phase avec l’approche de Datapédagogie. Ils référencent des organismes de formation agrègent le contenu non structuré pour en faire un contenu structuré, puis proposent un catalogue à leurs clients.

portail de formation Disney

Mais il subsiste alors une nouvelle question : Que proposer à un commanditaire pour lequel il n’existe pas encore d’offre ?

Autrement dit, si je souhaite me former sur un sujet comme le « Management » et que ce sujet est unanimement connu et admis il y aura offre de formation et comparaison des offres. Mais si ce sujet de formation est peu connu comme le « Dessin industriel en milieu stérilisé » là il n’y a qu’une seule offre, celle-ci sera chère, pas rapide et impersonnelle. Bref le contraire du paradoxe précisé précédemment.

La Datapédagogie pour proposer de offres de formation qui n’existent pas encore

Le cas classique des « formations non servies » c’est à dire les sujets de formation sur lesquels il n’y a pas d’offre c’est par exemple les formations sur tous les logiciels très chers et très spécialisés ou les logiciels gratuits (logiciels open source par exemple). Les formations sur les logiciels très chers et très spécialisés sont détenues par des monopoles que sont les éditeurs de ces logiciels. Les formations sur des logiciels gratuits sont généralement délaissées par le marché car ce sont des outils utilisés par des non professionnels donc des « sans argent ».

En bref, les marchés de formation marginaux sont nombreux et non servis.

L’acteur Optédif formation a souhaité se pencher spécifiquement sur cette approche en commençant plus particulièrement sur les formations informatique de niche. Ils dénombrent plus de 10 000 thèmes de formation sur des logiciels parfois complètement invraisemblables comme le forage minier, le dessin électrique, des logiciels de création.

Et le pire c’est que cette offre croit aussi vite que le nombre de logiciel se développe : grâce à une solution de big data ils génèrent automatiquement des sujets de formation. Grâce à une solution de machine learning, ils génèrent des programmes de formation.

Optédif formation, apprendre autrement

Les perspectives sont importantes sur de nombreux points.

1) Pour proposer une offre en temps réel

Vous imaginez un sujet de formation ? ils vous créent l’offre en temps réel. C’est ça l’idée. Nous avons testé ça ne marche pas encore parfaitement mais ça y vient.

Optédif réalise d’une part un scrapping de sujets de formation, une récupération des sujets tapés sur son moteur de recherche, puis une restructuration de programmes de formation.

Par ailleurs ce catalogue est interconnecté avec des sources externes comme trainitoring Cela permet de restituer en temps réel le fameux programme de formation attendue par l’utilisateur qui vient à peine de définir son besoin.

2) Pour proposer une personnalisation et un meilleur suivi pédagogique

On en vient au cœur du sujet qui va d’avantage concerner les formateurs : considérer les données comme sources d’innovation pédagogique.

Depuis l’entrée en vigueur de la loi Formation du 5 mars 2014 et de son décret d’application , les organismes de formation ont l’obligation d’évaluer les connaissances des participants à l’issue d’une formation. Il est donc impossible de proposer une formation professionnelle sans évaluation.

Les résultats de ces évaluations sont indispensables aux organismes de financement pour justifier comment les fonds sont alloués. Les résultats obtenus permettent également aux responsables formation d’évaluer la réussite de leur plan de formation qui a été défini au sein de l’entreprise.

Mais le souci c’est qu’aujourd’hui la collecte des données n’est pas normalisée. Et ces données ne sont pas partagées au sein du secteur. Il s’agit pourtant d’une formidable opportunité pour le formateur pédagogue et ce serait dommage que ça ne lui soit pas utile !

L’utilisation et le partage de ces données pourrait par donc permettre la création d’une sorte de portefeuille de compétences numérique. Ainsi, un formateur pourrait adapter plus facilement son contenu en fonction du niveau et des appétences de chacun.

Qui sera le prochain acteur sur ce secteur ?

Jérôme Roux