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Prix des consoles : pourquoi PS5, Xbox et Switch 2 coûtent de plus en plus cher 

Par Steve Chevillard , le 13/09/2026 , mis à jour le 13/09/2026 - 12 minutes de lecture
Personne tenant une manette de jeu et une carte bancaire devant un téléviseur de salon

📌 L’essentiel à retenir

Switch 2 à 499,99 euros depuis le 1er septembre 2026, PS5 à 649,99, Xbox Series X à 799,99 : le prix des consoles suit la pénurie de mémoire DRAM et NAND, aspirée par les centres de données d’IA. Samsung ne voit pas de détente avant 2028. Concrètement, attendre une baisse est un mauvais pari. Si le budget est là, achetez le modèle que vous voulez vraiment, et regardez du côté des packs ou du reconditionné pour limiter la casse.

Une Xbox Series X à 799,99 euros. Une PS5 standard à 649,99. Une Switch 2 qui vient de passer à 499,99 le 1er septembre. Si vous aviez laissé de côté le marché des consoles depuis un an ou deux, ces étiquettes font mal. Elles ne sont pas le fruit d’une gourmandise passagère des constructeurs : c’est la même crise de la mémoire qui a fait doubler le prix des barrettes de RAM et des cartes graphiques, et qui vient de traverser le salon.

J’ai déjà écrit sur cette flambée côté PC. Le sujet revient aujourd’hui sous une forme qui touche beaucoup plus de monde, parce qu’une console, on l’achète en famille, souvent à la rentrée ou avant les fêtes. Je vous donne les prix réels d’aujourd’hui, l’explication de ce qui se passe vraiment, et ma réponse à la seule question qui compte : faut-il acheter maintenant ou attendre ?

Ce que vous payez aujourd’hui, console par console

Console Xbox Series X noire avec une manette blanche et une manette noire, modèle touché par la hausse des prix

Commençons par les chiffres, parce qu’ils racontent l’histoire tout seuls. Nintendo a fait passer la Switch 2 seule de 469,99 à 499,99 euros au 1er septembre 2026 sur le My Nintendo Store. Trente euros de plus qu’au lancement de juin 2025, avec des packs qui grimpent d’une vingtaine d’euros dans la foulée. Le constructeur parle pudiquement d’une « évolution des conditions de marché ».

Sony a frappé plus fort et plus tôt. Depuis le 2 avril 2026, la PS5 standard est à 649,99 euros, l’Édition Numérique à 599,99, la PS5 Pro à 899,99 et le PlayStation Portal à 249,99. Cent euros de plus d’un coup sur les trois PS5, trente sur le Portal, le tout justifié par « les pressions continues dans le paysage économique global ».

Et le plus violent vient de Microsoft. Au 1er août 2026, la Xbox Series S 512 Go est passée de 349,99 à 499,99 euros, le modèle 1 To de 399,99 à 599,99, la Series X en version numérique de 549,99 à 749,99, et la Series X avec lecteur de disque de 599,99 à 799,99. La petite console d’entrée de gamme coûte désormais autant que la Series X à son lancement en 2020 (499,99 euros). Les portables ne sont pas épargnés : le Steam Deck OLED de Valve est passé de 569 à 779 euros en 512 Go, et de 679 à 919 euros en 1 To.

Pourquoi la mémoire coûte soudain aussi cher

Une console, c’est un processeur, une puce graphique, un stockage et de la mémoire vive. Ce dernier poste est celui qui a explosé. La demande en DRAM (la mémoire vive, celle qui travaille pendant que la machine tourne) et en NAND (la mémoire de stockage, celle des SSD) vient aujourd’hui massivement des centres de données qui font tourner l’intelligence artificielle. Ces clients-là achètent en volumes qu’aucun fabricant de consoles ne peut égaler, et ils paient sans discuter.

Gros plan sur des barrettes de mémoire vive DRAM et leurs puces, composant en pénurie qui fait grimper le prix des consoles

Le chiffre qui éclaire tout vient de Samsung, qui produit environ un tiers de la mémoire mondiale : 60 à 70 % de sa capacité est bloquée dans des contrats pluriannuels signés avec des exploitants de centres de données et des laboratoires d’IA. Ce qui reste pour le grand public, c’est le solde. Et quand l’offre se réduit sur un marché où la demande tient bon, le prix monte. Le mécanisme est vieux comme le commerce, sauf qu’ici il s’applique à un composant qu’on ne peut remplacer par rien.

Microsoft a mis un chiffre sur sa propre douleur : les coûts de mémoire et de stockage de ses consoles ont été multipliés par plus de 2,5, et le constructeur s’attend à un nouveau doublement d’ici l’automne 2027. Si vous voulez le point de comparaison côté PC, j’ai détaillé la même mécanique dans mon article sur le prix de la RAM DDR5, et pour les cartes graphiques dans celui sur l’envolée des tarifs GPU. Sur le terrain, une GeForce RTX 5090 affichée 2 600 euros en septembre 2025 se négociait autour de 5 500 euros début septembre 2026 chez un revendeur français. Plus du double en un an.

Pourquoi une console encaisse plus mal qu’un PC

Sur un PC, la mémoire est un composant parmi d’autres, et vous avez des portes de sortie. Vous achetez 16 Go au lieu de 32, vous gardez vos anciennes barrettes, vous repoussez l’upgrade d’un an. La machine reste utilisable.

Une console, non. La mémoire y est soudée, dimensionnée une fois pour toutes, et identique sur toutes les unités vendues. Aucune variante allégée, aucune option, aucun arbitrage possible pour l’acheteur. Quand la DRAM prend 40 %, le constructeur encaisse sur chaque machine produite et n’a que deux issues : rogner sa marge, ou relever l’étiquette. Ils ont tous choisi la deuxième, et plusieurs fois de suite.

Il y a un deuxième effet, plus insidieux. Le modèle économique de la console repose depuis vingt ans sur une machine vendue à prix serré, rentabilisée ensuite par les jeux et les abonnements. Cette logique vient de casser. Une console vendue 800 euros n’est plus un produit d’appel, c’est un achat qu’on compare à un PC portable. Si ce raisonnement vous parle, mon guide pour trouver un ordinateur portable pas cher donne les bons points de comparaison.

Faut-il acheter maintenant ou attendre ?

Soyons clairs : attendre une baisse est le pire calcul que vous puissiez faire aujourd’hui. Samsung n’anticipe pas de détente avant 2028, et prévient même que la tension va se durcir en 2027. Du côté des analyses de marché, les stocks de DRAM étaient au plus bas début septembre 2026, avec une part croissante des nouvelles capacités de production orientée vers les serveurs. Ce sont des prévisions, pas des certitudes, mais elles pointent toutes dans le même sens et aucun acteur sérieux n’annonce l’inverse.

Ma position, console par console. Si vous visiez une machine précise pour Noël et que le budget est là, achetez maintenant, parce que le scénario réaliste est une étiquette plus haute en 2027, pas plus basse. Si vous hésitez encore sur le principe même d’acheter une console, ne vous laissez pas presser : une hausse annoncée n’est pas une promotion inversée, et jouer sur ce que vous avez déjà reste gratuit.

Et si votre budget a été fixé il y a six mois, acceptez l’idée qu’il ne suffit plus. Le réflexe naturel consiste à descendre en gamme pour rentrer dans l’enveloppe. C’est justement le piège du moment : la Series S à 499 euros est aujourd’hui au prix d’une machine bien supérieure il y a un an. Mieux vaut décaler l’achat de deux mois et prendre le bon modèle que payer le prix fort pour le modèle qui vous frustrera.

Les trois façons de payer moins cher sans se faire avoir

  • Le pack plutôt que la console seule. Les bundles ont moins augmenté que les machines nues, et un jeu inclus à 60 euros change le calcul. Comparez toujours le prix du pack au prix console plus jeu acheté séparément.
  • Le reconditionné avec garantie commerciale. C’est le marché qui profite le plus de la situation, donc surveillez que la remise est réelle : relevez le prix neuf du jour avant de vous décider, parce que certaines annonces se calent encore sur l’ancien tarif de référence.
  • La génération précédente. Une PS4 ou une Xbox One d’occasion, avec un catalogue immense à prix cassés, reste une porte d’entrée honnête pour un premier joueur. Personne ne vous oblige à acheter le matériel de 2026.

Au passage, une quatrième piste mérite un coup d’œil si vous jouez surtout de temps en temps : le jeu en streaming (cloud gaming, les jeux tournent sur des serveurs distants et l’image arrive par Internet). Pas de console à acheter, une bonne connexion suffit. Si vous êtes abonné Prime, jetez un œil à Amazon Luna dans Prime Video avant de sortir 500 euros. En vrai, la latence et la qualité d’image ne valent pas une machine chez soi, mais pour dépanner ou tester, ça tient la route.

Petit conseil sur l’occasion entre particuliers : ces tarifs élevés attirent les escrocs, et les fausses annonces de consoles explosent à chaque hausse. Vérifiez le numéro de série, refusez tout paiement hors plateforme, et méfiez-vous des prix trop beaux. J’ai détaillé les montages classiques dans mon article sur les arnaques par SMS, qui visent massivement les vendeurs et acheteurs de sites d’annonces.

Ce que je ferais à votre place

Trois décisions. Relevez le prix du jour avant tout achat, chez au moins deux revendeurs français, parce que les étiquettes bougent plusieurs fois par an maintenant et que les comparateurs traînent. Achetez le modèle que vous vouliez vraiment si vous achetez, quitte à décaler de quelques semaines, plutôt que de descendre en gamme pour tenir un budget périmé. Et rayez « j’attends que ça baisse » de vos options : aucun signal du marché de la mémoire ne va dans ce sens avant 2028.

Si je ne devais retenir qu’une chose de cette année, c’est que le prix des machines ne dépend plus de ce que veulent les joueurs. Il dépend de ce que les centres de données sont prêts à payer pour la même mémoire. Tant que cette demande tient, consoles, PC et smartphones paieront la même facture. Pour comprendre le composant au cœur de toute l’affaire, ma définition de la mémoire RAM reprend les bases sans jargon.

Questions fréquentes sur le prix des consoles

Nintendo a relevé la Switch 2 seule de 469,99 à 499,99 euros au 1er septembre 2026, packs compris avec une vingtaine d’euros de plus. En cause, la flambée de la mémoire DRAM et NAND. Shuntaro Furukawa, le patron de Nintendo, a même reconnu que ces 30 euros ne couvrent pas tout le surcoût.

Je n’y crois pas. Samsung a annoncé fin juillet 2026 que la pénurie de mémoire allait s’aggraver en 2027 et durer jusqu’en 2028. Microsoft, de son côté, anticipe un nouveau doublement de ses coûts mémoire d’ici l’automne 2027.

En prix constructeur de septembre 2026, la Switch 2 et la Xbox Series S 512 Go sont à égalité à 499,99 euros. La PS5 Édition Numérique suit à 599,99 euros. Les revendeurs peuvent afficher un peu moins pendant les promotions, d’où l’intérêt de comparer.

Microsoft explique que ses coûts de mémoire et de stockage ont été multipliés par plus de 2,5. Résultat au 1er août 2026 : 150 euros de plus sur la Series S 512 Go et 200 euros sur les modèles 1 To. C’était la troisième hausse en un peu plus d’un an.

Oui, à condition de passer par un vendeur professionnel qui assure une vraie garantie. Relevez le prix neuf du jour avant d’acheter : certaines annonces calculent encore leur remise sur l’ancien tarif, et la bonne affaire n’en est plus une.

Parce que la mémoire d’une console est soudée et identique sur toutes les machines vendues : les jeux sont développés pour cette quantité précise. En retirer casserait la compatibilité. Le constructeur n’a donc que deux options, rogner sa marge ou augmenter le prix.

Steve Chevillard, créateur d'Astuces & Aide Informatique

Steve Chevillard

Fondateur & Directeur technique web

Homo numericus. J'ai lancé Astuces et Aide Informatique en 2015, à une époque où j'expliquais surtout les mêmes choses trois fois à mes proches. Depuis, je continue : dépanner, tester, écrire ce que j'aurais aimé lire. Une licence en Histoire, un diplôme de développeur web à l'Université de Bourgogne et aujourd'hui le poste de directeur technique web chez Philo éditions (Sciences Humaines, Philosophie magazine, Philonomist). En dehors des écrans, je joue de la basse, j'écoute beaucoup de musique et j'ai une femme et deux enfants qui me rappellent qu'il existe un monde hors du terminal.

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