Devenir administrateur systèmes et réseaux sans le bac : la voie de la reconversion
📌 L’essentiel à retenir
Il est possible de devenir administrateur systèmes et réseaux sans avoir le bac. La voie la plus directe est le BTS SIO option SISR, un diplôme d’État de niveau bac+2 ouvert, en règle générale, aux candidats qui justifient de trois ans d’expérience professionnelle en lien avec le diplôme. Il se prépare à distance ou en alternance, et se finance avec le CPF, un projet de transition professionnelle, France Travail ou l’employeur. Ceux qui exercent déjà dans l’informatique peuvent viser la VAE. Comptez environ 18 mois et une quinzaine d’heures de travail par semaine.
Le support informatique de votre entreprise, c’est vous depuis des années, sans que ce soit écrit sur votre fiche de poste. Vous dépannez les collègues, vous avez installé la box et le partage de fichiers, vous savez dans quel placard se cachent les câbles. Il ne vous manque qu’une chose pour en faire votre métier : un diplôme.
L’absence de bac ne ferme pas la porte. Le système français prévoit plusieurs passerelles pour les adultes qui veulent se reconvertir dans l’administration des systèmes et des réseaux. Voici lesquelles, à quelles conditions, et comment les financer.
Le BTS SIO option SISR, la porte d’entrée la plus directe
Le diplôme de référence pour ce métier est le BTS Services informatiques aux organisations (SIO), option SISR pour « solutions d’infrastructure, systèmes et réseaux ». C’est un diplôme d’État de niveau bac+2, inscrit au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP 40792). Nul besoin de sortir du lycée pour le passer : vous pouvez préparer le BTS SIO option SISR à distance, à votre rythme, puis vous présenter aux mêmes épreuves que les étudiants en formation initiale.
Le BTS SIO compte une autre option, baptisée SLAM, qui forme au développement d’applications. Si vous préférez faire fonctionner les machines, les comptes utilisateurs et les connexions plutôt qu’écrire du code, SISR est la bonne voie. Le programme couvre l’installation et la maintenance des postes, l’administration de serveurs Windows et Linux, la configuration des équipements réseau et la cybersécurité, qui fait l’objet d’une épreuve écrite de quatre heures à l’examen.
Le diplôme est découpé en blocs de compétences. Une épreuve réussie avec au moins 10 sur 20 peut être conservée pendant cinq ans, ce qui laisse le droit à l’erreur : un échec partiel ne fait pas tout recommencer.
Le métier visé : ce que fait un administrateur systèmes et réseaux

Un administrateur systèmes et réseaux fait en sorte que l’informatique d’une organisation fonctionne, et qu’elle fonctionne en sécurité. Il crée les comptes des utilisateurs et règle leurs droits d’accès, installe et met à jour les serveurs informatiques, organise les sauvegardes et surveille que rien ne tombe en panne. Il configure aussi les équipements qui relient les machines entre elles, comme le routeur, le pare-feu ou le switch réseau.
Le travail mélange interventions planifiées (une migration de serveur, le déploiement de nouveaux postes) et urgences (une imprimante réseau qui disparaît, un partage de fichiers inaccessible un lundi matin). Il faut aimer comprendre comment un réseau informatique relie les machines de bout en bout, et garder son calme quand vingt personnes attendent que la connexion revienne.
En sortie de BTS, on démarre souvent comme technicien systèmes et réseaux ou technicien support, avant d’évoluer vers l’administration au bout de quelques années. D’autres postes s’ouvrent avec la même base, que nous détaillons dans notre panorama des métiers liés aux systèmes d’exploitation.
Sans le bac : les conditions pour s’inscrire
Pour se présenter au BTS sans être titulaire du bac ou d’un diplôme de niveau équivalent, il faut en règle générale justifier de trois ans d’expérience professionnelle dans un domaine en lien avec le diplôme visé. Cette expérience doit pouvoir se prouver : attestations d’employeur, contrats de travail, bulletins de salaire. Les situations particulières, comme une expérience à temps partiel ou répartie sur plusieurs postes, s’examinent au cas par cas : c’est le service des examens de votre rectorat qui tranche.
Que veut dire « en lien avec le diplôme » ? Un poste de technicien de maintenance, d’assistant informatique, de gestionnaire de parc ou de vendeur en informatique avec une part de dépannage pèse plus lourd qu’un emploi sans rapport. Si votre parcours est atypique, rassemblez tout ce qui montre une pratique de l’informatique dans votre travail : fiches de poste, missions confiées, attestations de vos responsables.
Vous avez déjà un diplôme de niveau bac+2 ou plus, même dans un tout autre domaine ? Vous pouvez demander une dispense de certaines épreuves générales, comme la culture générale. Elle n’est pas automatique : la demande se fait au moment de l’inscription à l’examen. Cette dispense liée à un diplôme antérieur ne couvre pas les épreuves professionnelles, qu’il faudra passer.
Financer sa reconversion : les principaux dispositifs
- Le compte personnel de formation (CPF) est la solution la plus simple, que vous soyez salarié ou demandeur d’emploi, et le BTS SIO y est éligible. Depuis le 2 avril 2026, chaque dossier CPF entraîne un reste à charge forfaitaire de 150 €, dont sont exemptés les demandeurs d’emploi et les salariés dont l’employeur complète le financement. Si vos droits ne couvrent pas tout le coût de la formation, la différence est à votre charge, sauf si un autre financeur prend le relais.
- Le projet de transition professionnelle (PTP) est conçu pour les salariés qui veulent changer de métier. Il paie la formation et maintient tout ou partie de votre rémunération pendant votre absence. Il faut justifier de 24 mois d’activité salariée, dont 12 dans l’entreprise actuelle si vous êtes en CDI. Le dossier se dépose auprès de l’association Transitions Pro de votre région, et la formation doit être certifiante, ce qui est le cas du BTS.
- Inscrit à France Travail, vous mobilisez votre CPF sans reste à charge et pouvez demander à votre conseiller une aide complémentaire si vos droits ne suffisent pas. Le projet doit être cohérent avec votre parcours et avec le marché de l’emploi local : un dossier argumenté, appuyé par quelques offres d’emploi de technicien dans votre secteur, a plus de chances d’aboutir.
- L’alternance permet de se former en étant salarié d’une entreprise, qui prend en charge le coût de la formation. Le contrat d’apprentissage est ouvert jusqu’à 29 ans révolus, sans limite d’âge pour les personnes reconnues travailleurs handicapés. Au-delà, le contrat de professionnalisation reste accessible aux demandeurs d’emploi de 26 ans et plus. La difficulté principale est de trouver l’entreprise d’accueil : démarchez tôt, y compris les petites sociétés de services informatiques, qui recrutent volontiers des alternants.
Votre employeur actuel peut lui aussi financer la formation dans le cadre de son plan de développement des compétences, surtout si un poste d’informaticien existe ou se crée en interne. C’est souvent la piste la plus rapide pour celui ou celle qui joue déjà les informaticiens de service sans en avoir le titre.
Vous faites déjà le métier ? Pensez à la VAE
La validation des acquis de l’expérience (VAE) permet d’obtenir tout ou partie du BTS sans suivre la formation, en prouvant que vous maîtrisez déjà les compétences du référentiel. Depuis la loi du 21 décembre 2022, il n’existe plus de durée minimale d’expérience : ce qui compte, c’est que votre activité corresponde au contenu du diplôme. La démarche commence sur le portail France VAE, qui vous oriente vers un accompagnateur.
La VAE convient à ceux qui gèrent déjà au quotidien des serveurs, des comptes utilisateurs et des équipements réseau. Elle demande de décrire précisément ses activités dans un dossier, puis de le présenter devant un jury. Si le jury ne valide qu’une partie des blocs de compétences, les blocs manquants peuvent se compléter plus tard, par exemple avec une formation ciblée.
Vous hésitez encore sur la direction à prendre ? Un bilan de compétences en ligne aide à vérifier que ce métier correspond à vos goûts et à vos acquis avant d’engager dix-huit mois de travail.
Tenir 18 mois de formation à distance : ce qu’il faut prévoir

Une préparation en ligne comme celle de Studi représente environ 1 100 heures réparties sur 18 mois, soit une quinzaine d’heures par semaine. Avec un emploi à temps plein et une vie de famille, c’est un engagement réel : deux soirées et une demi-journée le week-end, chaque semaine, pendant un an et demi. Fixez ces créneaux dès le départ et tenez-les comme un rendez-vous.
L’administration système s’apprend en pratiquant. Un ordinateur assez puissant pour faire tourner des machines virtuelles suffit pour monter un petit laboratoire chez soi : un serveur Linux, un poste client, un partage de fichiers, un pare-feu. Prendre l’habitude des principales commandes d’administration Linux dès les premiers mois fait gagner beaucoup de temps pour la suite.
Deux points d’organisation sont à anticiper. Le parcours comprend un stage en entreprise, d’au moins quatre semaines consécutives chez Studi, qu’il faut trouver soi-même : votre réseau personnel, une association ou une petite entreprise de votre ville sont de bonnes pistes. Les épreuves se passent en présentiel, en mai et juin, dans un centre désigné par le rectorat : pensez à poser vos congés tôt.
L’examen mêle des épreuves écrites générales (culture générale, mathématiques pour l’informatique, culture économique et juridique) et des épreuves professionnelles. L’épreuve d’administration des systèmes et des réseaux est pratique : le candidat intervient sur une infrastructure puis explique ses choix devant le jury. C’est là que les heures passées sur votre laboratoire personnel font la différence.
Après le diplôme : salaire et perspectives
Un technicien systèmes et réseaux débutant gagne en général entre 24 000 et 30 000 € brut par an selon les comparateurs de salaires, un peu plus en Île-de-France. Avec quelques années d’expérience et un poste d’administrateur, la rémunération progresse nettement, en particulier sur les postes orientés sécurité.
Le BTS n’est pas forcément une fin de parcours. Beaucoup enchaînent avec un bachelor (bac+3) en administration d’infrastructures sécurisées, en cybersécurité ou en DevOps, en formation continue ou en alternance. La sécurité est devenue une part à part entière du métier, et un profil qui connaît le terrain des réseaux a de vrais arguments à faire valoir.
Par où commencer
Commencez par rassembler les preuves de votre expérience et par interroger le service des examens de votre académie sur votre éligibilité. Consultez ensuite vos droits sur le site Mon Compte Formation. Si vous êtes salarié, contactez Transitions Pro avant toute démission : le PTP permet de conserver un revenu pendant la formation. Une fois ces réponses en main, vous saurez quelle voie vous convient le mieux.
Foire aux questions
Oui, à condition de justifier en général de trois ans d’expérience professionnelle en lien avec le diplôme. Les modalités exactes dépendent de l’académie : le service des examens du rectorat confirme l’éligibilité au moment de l’inscription.
SISR forme à l’administration des systèmes et des réseaux : serveurs, équipements réseau, sécurité des infrastructures. SLAM forme au développement d’applications. Pour devenir administrateur systèmes et réseaux, c’est l’option SISR qu’il faut viser.
Une préparation en ligne coûte plusieurs milliers d’euros : chez Studi, les formules vont de 4 190 à 5 190 € avant financement. Le CPF, le projet de transition professionnelle, France Travail ou l’employeur peuvent couvrir tout ou partie de ce montant, avec un reste à charge de 150 € sur le CPF pour la plupart des salariés.
Comptez environ 18 mois pour préparer le BTS à distance, ou deux ans en alternance. Le poste d’administrateur s’obtient ensuite le plus souvent après quelques années comme technicien, ou avec un bachelor.
Elle peut l’être pour qui exerce déjà le métier, puisqu’il n’y a pas de cours à suivre. Il faut en revanche rédiger un dossier détaillé et passer devant un jury, ce qui prend généralement plusieurs mois. Sans expérience concrète en administration de systèmes, la formation reste la voie adaptée.
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