Cybersécurité

Arnaque au remboursement d’impôt : repérer les faux messages du fisc

Par Steve Chevillard , le 23/07/2026 , mis à jour le 23/07/2026 - 9 minutes de lecture
Faux message de remboursement d'impôt sur smartphone, arnaque usurpant la DGFiP

Vous attendez un remboursement d’impôt ? Vous n’êtes pas seul : 12,6 millions de foyers vont recevoir un virement du fisc le 24 ou le 31 juillet 2026, de 1 057 euros en moyenne. Le problème, c’est que les escrocs ont exactement le même calendrier sous les yeux. Et chaque été, ils dégainent leurs faux messages pile au moment où un email annonçant un remboursement paraît parfaitement crédible.

Cybermalveillance.gouv.fr, la plateforme publique d’assistance aux victimes, tire la sonnette : la vague de phishing (hameçonnage en français) usurpant l’administration fiscale est repartie de plus belle. Je vais vous montrer comment ces messages fonctionnent, à quoi ressemble un vrai remboursement, et les cinq réflexes qui démasquent un faux en quelques secondes.

📌 L’essentiel à retenir

Le remboursement d’impôt arrive tout seul le 24 ou le 31 juillet, par virement libellé « REMB IMPOT REVENUS » : aucune démarche à faire. Tout message qui vous demande de « confirmer » quoi que ce soit, un RIB ou vos identifiants impots.gouv.fr est une arnaque. Ne cliquez sur aucun lien, tapez vous-même l’adresse du site des impôts et vérifiez dans votre espace particulier. Et transférez les SMS frauduleux au 33700.

Pourquoi cette arnaque marche aussi bien fin juillet

Le ressort est simple : l’échéance est réelle. Quand un email vous annonce un remboursement d’impôt le 22 juillet, il ne sort pas de nulle part, il surfe sur une actualité que vous avez peut-être vue passer au journal télévisé. C’est ce qui rend cette campagne plus dangereuse qu’un hameçonnage classique envoyé au hasard en février.

Concrètement, le faux message arrive par email, SMS, parfois même par téléphone. Il annonce un remboursement ou un mystérieux « trop-perçu », affiche un montant précis pour faire vrai, et reprend les codes visuels de l’administration : logo Marianne, bleu-blanc-rouge, ton administratif. Ensuite, la mécanique habituelle : un lien vous envoie vers un faux site imitant impots.gouv.fr, qui vous réclame vos identifiants fiscaux, vos données personnelles ou vos coordonnées bancaires. Le tout emballé dans un sentiment d’urgence, histoire de vous faire cliquer avant de réfléchir.

À quoi ressemble un vrai remboursement (spoiler : vous n’avez rien à faire)

C’est le point qui désamorce 90 % de l’arnaque : le remboursement d’impôt est entièrement automatique. Aucune démarche, aucun formulaire, aucune validation. Si l’administration fiscale connaît vos coordonnées bancaires, le virement tombe tout seul le 24 ou le 31 juillet, avec le libellé « REMB IMPOT REVENUS », émis par « DGFIP FINANCES PUBLIQUES ». Si elle n’a pas votre RIB, vous recevez un chèque à votre domicile courant août.

Autrement dit : un vrai remboursement ne se « confirme » pas, ne se « débloque » pas, ne se « valide » pas. Tout message qui vous demande une action pour toucher votre argent ment, par définition. Le fisc rappelle d’ailleurs qu’il ne demande jamais vos coordonnées bancaires ni vos informations personnelles par email ou par téléphone.

Les 5 réflexes pour démasquer un faux message du fisc

  1. Ne cliquez sur aucun lien. Tapez vous-même impots.gouv.fr dans votre navigateur et connectez-vous à votre espace particulier. Si un remboursement vous concerne, l’information s’y trouve, sans intermédiaire.
  2. On vous demande un RIB, un numéro de carte ou vos identifiants ? Arnaque, point final. L’administration a déjà vos coordonnées si elle doit vous rembourser, et elle ne vous les redemandera pas par message.
  3. Méfiez-vous de l’urgence. « Sous 24 heures », « avant expiration », « dernier rappel » : un remboursement d’impôt n’expire pas. Cette pression artificielle est la signature des escrocs.
  4. Regardez l’adresse de l’expéditeur, sans lui faire une confiance aveugle. Les emails officiels se terminent par dgfip.finances.gouv.fr. Mais sachez qu’une adresse peut se maquiller (le spoofing, usurpation d’adresse) : une adresse correcte ne prouve rien, une adresse exotique condamne le message à coup sûr.
  5. Au moindre doute, vérifiez à la source. La messagerie sécurisée de votre espace particulier ou le téléphone de votre centre des finances publiques. Jamais le numéro ou le lien affichés dans le message reçu.

Vous avez cliqué ou saisi vos infos ? Faites ça tout de suite

Pas de panique, mais pas de délai non plus. Si vous avez saisi vos coordonnées bancaires, appelez votre banque pour faire opposition et surveillez vos comptes de près dans les semaines qui viennent : les débits frauduleux tombent rarement le jour même. Si un prélèvement passe malgré tout, exigez le remboursement auprès de votre banque et déposez plainte.

Si vous avez livré vos identifiants impots.gouv.fr, changez votre mot de passe immédiatement, ainsi que sur tous les sites où vous réutilisez le même. Oui, tous. C’est le moment de passer à un gestionnaire de mots de passe si ce n’est pas déjà fait.

Dans tous les cas, signalez : transférez les SMS frauduleux au 33700, et suivez la marche à suivre détaillée sur cybermalveillance.gouv.fr. Ces signalements alimentent les blocages de sites et de numéros, votre minute de civisme épargne les suivants.

Trois choses à retenir en sortant de cet article. Votre remboursement arrive tout seul le 24 ou le 31 juillet, sans la moindre action de votre part. Ne cliquez sur aucun lien évoquant les impôts, passez toujours par impots.gouv.fr tapé à la main. Et si je ne devais garder qu’une règle : le fisc ne vous demandera jamais rien pour vous rendre votre argent. Un message qui réclame une action réclame en réalité vos identifiants.

Foire aux questions

Un vrai remboursement est entièrement automatique : le virement arrive avec le libellé « REMB IMPOT REVENUS », émis par « DGFIP FINANCES PUBLIQUES », sans la moindre action de votre part. Pour vérifier, connectez-vous vous-même à votre espace particulier sur impots.gouv.fr. Si rien n’y parle de remboursement à « confirmer », le message reçu est un faux.

Non, jamais. L’administration fiscale ne demande ni coordonnées bancaires ni informations personnelles par email ou par téléphone. Si elle n’a pas votre RIB, elle vous envoie simplement un chèque par courrier courant août.

Les virements partent le 24 ou le 31 juillet pour 12,6 millions de foyers, avec un montant moyen de 1 057 euros. Aucune démarche : si vous êtes concerné, l’argent arrive tout seul sur votre compte.

Si vous avez saisi vos coordonnées bancaires, appelez votre banque pour faire opposition et surveillez vos comptes. Si vous avez livré vos identifiants impots.gouv.fr, changez ce mot de passe immédiatement, ainsi que sur tous les sites où vous le réutilisez. Et déposez plainte si un débit frauduleux passe.

Transférez les SMS frauduleux au 33700 et signalez les emails via Signal Spam. Le site cybermalveillance.gouv.fr détaille la marche à suivre et vous oriente si vous êtes victime. Ces signalements font bloquer les sites et les numéros des escrocs.

Les emails légitimes de la DGFiP se terminent par dgfip.finances.gouv.fr. Attention : une adresse d’expéditeur peut être maquillée (le spoofing), donc une adresse correcte ne prouve rien. Une adresse exotique, elle, condamne le message à coup sûr.

Steve Chevillard, créateur d'Astuces & Aide Informatique

Steve Chevillard

Fondateur & Directeur technique web

Homo numericus. Créateur d'Astuces et Aide Informatique. Passionné par l'informatique depuis mon plus jeune âge. Après une licence en Histoire et un diplôme universitaire de développeur web à l'Université de Bourgogne, je partage maintenant mon temps entre ce site, mon emploi de directeur technique web pour le groupe de presse Philo éditions (Sciences Humaines, Philosophie magazine, Philonomist), ma passion pour la musique, ma femme et mes deux enfants.

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