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Arnaque au faux PV par courrier : comment repérer le faux avis de contravention avant de payer

Par Steve Chevillard , le 01/10/2026 , mis à jour le 01/10/2026 - 10 minutes de lecture
Homme perplexe dans le hall de son immeuble, devant les boîtes aux lettres, qui lit un faux avis de contravention reçu par courrier

📌 L’essentiel à retenir

Depuis septembre 2026, l’arnaque au faux PV arrive aussi par courrier postal, avec votre vrai nom, votre adresse et votre plaque. Ces données viennent de fuites, elles ne prouvent rien. Les signaux d’alerte : une infraction incohérente, un paiement par virement ou un QR code qui ne mène pas à amendes.gouv.fr, et un délai très court. Le bon réflexe : saisir le numéro d’avis sur antai.gouv.fr, adresse tapée à la main. Déjà payé ? Faites opposer votre carte tout de suite.

Vous ouvrez votre boîte aux lettres et vous tombez sur un avis de contravention. Votre nom, votre adresse, la plaque de votre voiture : tout y est. Et pourtant, vous n’avez pas le moindre souvenir de cette infraction. Normal, peut-être : depuis septembre 2026, des escrocs envoient de faux PV par courrier postal, avec de vraies données personnelles, pour vous faire payer une amende qui n’existe pas.

Des cas ont été signalés dans le Pas-de-Calais et en Loire-Atlantique. Le piège est redoutable, parce qu’un courrier papier inspire beaucoup plus confiance qu’un SMS. Je vous montre les indices qui trahissent le faux, et surtout le réflexe qui règle la question en deux minutes.

Ce que contient le faux avis de contravention

Le document imite la charte de l’ANTAI, l’Agence nationale de traitement automatisé des infractions, celle qui envoie les amendes des radars. Mise en page, logos, vocabulaire administratif : de loin, rien ne cloche. Et il est nominatif, avec votre nom, votre adresse et votre numéro d’immatriculation.

Le courrier vous invite à régler vite, sous peine de majoration. Pour payer, on vous propose de scanner un QR code ou de faire un virement bancaire. Le QR code mène à un faux site de paiement qui aspire votre numéro de carte. C’est du quishing, le phishing par QR code, sauf qu’il arrive cette fois sur une feuille de papier timbrée.

Pourquoi le courrier papier change tout

Le faux message de l’ANTAI n’a rien de neuf. Il sévit par SMS depuis des années, et je l’avais décortiqué dans mon guide pour reconnaître une arnaque par SMS. Sauf qu’à force, tout le monde a appris à se méfier d’un texto qui réclame 35 euros.

Le papier, lui, désarme. On a tous en tête qu’un escroc ne se paie pas un timbre, et qu’un courrier qui connaît votre plaque vient forcément de l’administration. C’est exactement sur ce réflexe que joue l’arnaque. Et ces données, les pirates n’ont pas eu à les deviner : entre la fuite de l’ANTS et les fuites de données chez les sous-traitants, noms, adresses et immatriculations circulent largement.

Soyons clairs : un courrier qui contient vos vraies informations ne prouve rien. C’est même devenu la marque de fabrique des arnaques de 2026.

Les indices qui trahissent un faux PV

Premier indice, le plus parlant : l’infraction n’a aucun sens. Un excès de vitesse dans une ville où vous n’avez jamais mis les pieds, un stationnement un jour où la voiture dormait au garage. Un vrai avis précise la date, l’heure et le lieu. Confrontez-les à votre agenda.

Deuxième indice : le moyen de paiement. Une amende se règle sur amendes.gouv.fr ou son application, par téléphone au 0806 20 30 40, par chèque, au centre des finances publiques ou chez un buraliste agréé. Le virement n’est prévu que pour les conducteurs étrangers. Un avis qui vous demande un virement vers un IBAN est donc à jeter.

Attention au piège inverse avec le QR code. Les vrais avis de l’ANTAI portent bien un code à scanner, qui sert à payer via amendes.gouv.fr ou chez le buraliste. La présence d’un QR code ne prouve donc ni que le courrier est vrai, ni qu’il est faux. Ce qui compte, c’est l’adresse où il vous envoie. Si ce n’est pas amendes.gouv.fr, fuyez.

Et le plus sournois : la pression. Délai de quelques jours, menace de majoration immédiate, ton comminatoire. Sachez qu’une vraie amende vous laisse du temps : 15 jours pour payer le montant minoré (30 jours en ligne), 45 jours pour le montant normal (60 jours en ligne). Personne ne vous exige un paiement sous 48 heures.

Le réflexe qui règle la question : vérifier sur antai.gouv.fr

Page d'accueil du site officiel antai.gouv.fr pour vérifier un avis de contravention et repérer l'arnaque au faux PV

Voilà pour les indices. En pratique, inutile de jouer les enquêteurs : l’ANTAI vous donne un moyen de vérifier en deux minutes. La méthode :

  1. Ne scannez pas le QR code du courrier et ne tapez aucune adresse imprimée dessus.
  2. Ouvrez votre navigateur et tapez vous-même antai.gouv.fr.
  3. Allez dans la rubrique de consultation de votre dossier d’infraction.
  4. Saisissez le numéro d’avis indiqué sur le courrier.
  5. Si le dossier n’existe pas, vous tenez votre réponse. S’il existe, payez uniquement sur amendes.gouv.fr, adresse tapée à la main.

Petit conseil : gardez le courrier et son enveloppe. Si c’est un faux, c’est une pièce à conviction. Et même si vous n’avez rien payé, signalez-le : l’adresse du faux site de paiement se déclare sur internet-signalement.gouv.fr. Histoire de le faire fermer avant qu’il ne piège vos voisins.

Vous avez déjà payé ? Ce qu’il faut faire tout de suite

Ça arrive, et ça ne fait pas de vous quelqu’un de naïf. L’urgence, c’est la carte bancaire. Faites-la opposer immédiatement, via votre appli bancaire ou le numéro d’opposition de votre banque. Puis contestez le paiement auprès de votre conseiller, par écrit, en expliquant que vous avez été victime d’une escroquerie.

Ensuite, signalez la fraude à la carte sur la plateforme Perceval (sur service-public.fr) et portez plainte, au commissariat, à la gendarmerie ou en ligne. Le site 17Cyber vous oriente selon votre situation. Le faux site de paiement peut aussi être signalé sur internet-signalement.gouv.fr.

Au passage, attendez-vous à la suite. Des escrocs qui ont votre adresse et savent que vous avez payé une fois reviendront, souvent par téléphone avec un faux conseiller bancaire. Relisez mes bons réflexes face au phishing avant le prochain appel.

Ce qu’il faut retenir

Trois gestes. Vérifiez tout avis sur antai.gouv.fr avec le numéro imprimé, adresse tapée à la main. Ne payez jamais par virement ni par un QR code qui ne mène pas à amendes.gouv.fr. Faites opposer votre carte dans l’heure si vous avez déjà payé.

Si je ne devais garder qu’une règle : un courrier qui connaît votre nom et votre plaque n’est pas une preuve d’authenticité, c’est une preuve que vos données ont fuité. Le seul juge de paix, c’est le site officiel, jamais le papier que vous tenez dans la main.

Vos questions sur le faux PV par courrier

Oui. Les avis de l’ANTAI portent un code à scanner qui renvoie vers le paiement officiel. Le QR code ne prouve donc rien : regardez l’adresse qui s’affiche, et si ce n’est pas amendes.gouv.fr, fermez la page.

Seulement aux conducteurs qui résident à l’étranger. En France, une amende se paie par carte sur amendes.gouv.fr, sur l’application ou par téléphone, par chèque, chez un buraliste agréé ou dans un centre des finances publiques. Un IBAN sur un avis envoyé en France, c’est l’arnaque.

Par les fuites de données. Fichiers d’administrations, de sous-traitants ou de commerçants : ces informations se revendent entre pirates. Le fait qu’un courrier les connaisse dit seulement qu’elles ont fuité, pas qu’il vient de l’administration.

Ouvrir la page ne suffit pas, en général, à vider un compte. Le danger vient de ce que vous tapez dessus. Si vous avez laissé un e-mail ou un numéro de téléphone, attendez-vous à des relances, et méfiez-vous de tout appel d’un prétendu conseiller bancaire.

Ce n’est pas automatique. Comme vous avez validé le paiement vous-même, la banque peut invoquer votre négligence. Faites opposer la carte, contestez par écrit en joignant votre plainte, et insistez : la négligence grave doit être prouvée par la banque.

Ne payez pas : payer vaut reconnaissance de l’infraction. Vous pouvez désigner le vrai conducteur ou contester sur antai.gouv.fr, dans un délai de 45 jours. Pour certaines infractions, une consignation est demandée avant d’examiner la contestation.

Steve Chevillard, créateur d'Astuces & Aide Informatique

Steve Chevillard

Fondateur & Directeur technique web

Homo numericus. J'ai lancé Astuces et Aide Informatique en 2015, à une époque où j'expliquais surtout les mêmes choses trois fois à mes proches. Depuis, je continue : dépanner, tester, écrire ce que j'aurais aimé lire. Une licence en Histoire, un diplôme de développeur web à l'Université de Bourgogne et aujourd'hui le poste de directeur technique web chez Philo éditions (Sciences Humaines, Philosophie magazine, Philonomist). En dehors des écrans, je joue de la basse, j'écoute beaucoup de musique et j'ai une femme et deux enfants qui me rappellent qu'il existe un monde hors du terminal.

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